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Heureux comme un confiné en Suisse, enfin presque…

Il n’y a sans doute pas de jour où les Français expatriés en Suisse ne se réjouissent pas d’y être confinés, s’ils comparent leur sort à ceux de leurs familles et de leurs amis soumis au strict confinement tricolore. Mais il y a un mais...

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Que c’est bon d’être dans un pays civilisé, qui compte sur le civisme de ses habitants plutôt que sur la coercition administrative ! Qu’il est plaisant de pouvoir descendre faire ses courses au coin de la rue [le moins possible, c’est bien compris !] sans se voir interpellé par des patrouilles en bleu marine qui exigent votre ausweis et qui vous suspectent immanquablement d’être un tricheur du confinement, voire un « patient zéro » potentiellement capable d’injecter sa charge virale à tout le voisinage ! Lesquelles patrouilles distribuent à tort à travers des amendes, aux petites mémés qui promènent leur chien-chien et qui n’ont pas compris grand-chose au nouvel ordo administratif comme aux racailles qui défient par principe tout autorité, d’où qu’elle vienne…

Que c’est agréable de vivre dans une ville (par exemple, Genève) où les citoyens font spontanément la queue à beaucoup plus d’un mètre les uns des autres, à l’entrée des supermarchés comme des boulangeries ou des bureaux de pharmacie encore ouvertes ! Que c’est agréable de disposer, dans cette ville, d’espaces ouverts, au grand air, pour y promener les enfants, autour d’un lac dont les eaux n’ont jamais été aussi claires, avec une sympathique petite bise pour chasser les miasmes et disperser les haleines suspectes…

Enfin, presque, parce qu’il y a ces abominables joggeurs et ces insupportables joggeuses, enfermés dans leur bulle par leur effort sportif comme par leurs écouteurs sur les oreilles : ils vous frôlent sans ménagement à moins de cinquante centimètres de distance, en soufflant comme des phoques dans un environnement forcément saturés de gouttelettes possiblement contaminées [on suppose que c’est de manière inconsciente]. Si vous étendez le bras (60 cm à 70 cm selon les gabarits) à leur arrivée, histoire de les tenir à distance, pour qu’ils ne vous approchent pas de trop près, ils s’indignent et ils s'énervent. Le pire est sans doute qu’ils ne supportent pas qu’on leur fasse la moindre réflexion au sujet de leur imprudence. Ce serait, selon les cas, aux plus lents de se pousser [ce qui est absurde !], aux plus âgés de s’écarter pour leur laisser la place de ne pas dévier de leur ligne droite [ce qui relève du manque d’éducation le plus évident] et aux « paranoïaques » que nous sommes à leurs yeux de cesser d’avoir peur de ce virus dont ils se moquent avec une telle insolence.

Heureux comme un confiné en Suisse ? Oui, sans doute, mais ce serait tellement mieux sans ces fichus coureurs à pied – et c’est un joggeur impénitent, qui a quelques milliers de kilomètres au compteur, sur tous les continents, qui se trouve désolé de vous l’avouer…

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