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23 décembre 2012

Il est vraiment épatant, ce « Gen’vois Staïle » !

Genève, argent, Gen'vois Staïle, humour, Laurent Nicolet,

Un blog comme « Genevois rien venir » ne peut que saluer « Gen’vois Staïle », le clip désopilant de l'humoriste genevois Laurent Nicolet. On peut même parier que ce sera l'hymne officiel/officieux du prochain Salon international de la haute horlogerie (SIHH), en janvier. En attendant, voici un décodage pour les non-local speaking...


 

 

 

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07 octobre 2008

COLONNES INFERNALES

capt2032113db3.jpgCes Genevois ne cessent de m’épater.

L’Enfer, pour tout bibliophile qui se respecte, ce sont ces étagères plus ou moins inaccessibles où sont rangés les livres qui ne doivent pas tomber entre toutes les mains, surtout les plus innocentes. A Paris, l’Enfer de la Bibliothèque nationale renferme ainsi un stock de vénérables ouvrages à lire, disons... d’une seule main. C’est sans doute pourquoi les jeunes conservatrices de cet Enfer vous prient de consulter les in-12 libertins du rayon Erotica avec des… gants !

Dans une capitale aussi marquée par le calvinisme que Genève, je n’imaginais pas qu’on mettrait l’Enfer à portée de tous les yeux, surtout les plus innocents [mais quel enfant peut encore le rester dans une société de consommation aussi érotisée que la nôtre ?]. On me disait les Genevois rebelles à la gauloiserie. On me les peignait comme volontiers choqués par ces allusions un peu lestes qui sont de bon ton dans toute conversation parisienne de haut vol. Je les découvre assez... avancés, pour ne pas dire délurés !

Même en France, terre – comme chacun sait – des Lettres et des Arts de l’amour, les « quotidiens de référence » [disons, pour ne pas faire de jaloux, Le Monde et Le Figaro, mais j’irais même jusqu’à Libération] n’ont jamais consacré autant de place à la gaudriole que la Tribune de Genève. C’est par colonnes entières, ouvertes à tous les lecteurs, que se négocient, en petites annonces, les mille et une nuits de Babylone, quand ce ne sont pas les cent-vingt jours de Sodome chers au marquis de Sade.

C’est le grand marché aux épices sensuelles, la foire aux jambons et même à la ferraille, le déstockage massif des chairs mûries sous toutes les latitudes, avec spécialités anatomiques [il ne manque plus qu'un GPS physiologique pour s'y retrouver], catalogues des options, valorisation arithmétique des actifs, dates de limites de fraîcheur et numéros de téléphone portable, 24 x 24 bien entendu.

Ayant largement passé l’âge de rougir devant une quelconque impudeur érotique (même aussi impunément étalée), j’ai quand même été légèrement choqué de voir des collégiens hurler de rire en épluchant ce qu’on propose dans ces colonnes infernales, dont les lois du marché (l’offre et la demande) m’obligent à penser que les Genevois disposent. C'est parce qu'il y a des consommateurs que ces colonnes sont si bien achalandées en futur(e)s consommé(e)s...

N’allez pas croire que je passe mes journées à tenir une comptabilité précise de ces félicités tarifées, mais j’ai tenté de comparer la densité des colonnes infernales dans Le Matin (Lausanne) et dans les quotidiens genevois. Eh bien, les Vaudois battent proportionnellement tous les records de grivoiseries typographiques. Faut-il en déduire que les Genevois sont les champions de l’extase furtive et du coup de canif hypocrite ? A moins qu’ils ne soient finalement plus sages que la lecture de leur presse ne le laisse penser. Troublante ambigüité…

C’est pour ça que les Genevois sont formidables.