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30 août 2012

POURQUOI UN TEL MÉPRIS DE GENÈVE POUR SES HORLOGERS ?

Réflexions intempestives en traversant le nouveau pont Hans-Wilsdorf : pourquoi Genève est-elle un tel désert pour évoquer les horlogers dont elle semble si fière dans ses discours officiels ? Je t'aime, moi non plus...

Rolex, pont Hans-Wilsdorf, Grand Prix d'Horlogerie de Genève, Observatoire de Genève, Poinçon de Genève, Merck Serono, Vacheron Constantin, Patek Philippe,



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22 février 2010

La nouvelle montre suisse de Nicolas Sarkozy

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Nicolas Sarkozy commence à se monter une belle collection de montres suisses : il a débuté par Breitling, avant de continuer par Rolex, Patek Philippe et, récemment, Girard-Perregaux, grâce à une 1966 Calendrier annuel Equation du temps reçue pour son cinquante-cinquième anniversaire, le 28 janvier dernier.

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14 novembre 2008

ANTE TENEBRAS LUXE

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 Ces Genevois ne cessent de m’épater.

Surtout quand ils se montrent plus impavides que les Londoniens sous les bombes du blitzkrieg ! Qu’on se le dise : ici, on n’a peur de rien, et surtout pas des crises. Dehors, la tempête boursière ratiboise les économies des épargnants et pulvérise les fonds de pension qui garantissaient les retraites. Avant-hier, le Crédit suisse expliquait aux banquiers genevois que l’horlogerie allait « plonger » en 2009. Hier, lors d’un forum de la Fondation de la Haute Horlogerie, de nombreux experts confirmaient le diagnostic et se préoccupaient d’une « mutation » des industries du temps.
Le soir venu, les élites horlogères genevoises n’en ont pas moins vaillamment fait face à l’adversité...

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17 octobre 2008

LE CULTE DU CARGO

mar_ebel_07_0222_gb_02.jpgCes Genevois ne cessent de m’épater.

N’allez surtout pas croire que j’ai une dent contre l’UBS, qui n’est pas ma banque et à laquelle je ne reproche rien. Je me contente de m’étonner de ce que je vois : avec l'UBS, on ne s'ennuie jamais. Il y a quelques jours [chronique Bulles privées du 14 octobre], c’était l’affaire du jet privé pour emmener une poignée de privilégiés déguster quelques magnums dans les caves champenoises, en France. Pourquoi pas, même si c’est un peu décalé en pleine débâcle boursière, surtout pour une banque qui vient d'extorquer 6 milliards de francs à l'Etat ? [Apparemment, cette fiesta au champagne ne choque personne d'autre que moi, petit Français expatrié. Pas un mot dans la presse : on ne plaisante pas avec ce genre de choses à Genève !]

Nouvel épisode flamboyant pour l'UBS. Hier soir, c’était une exposition de montres hyperprécieuses à l’espace UBS de la Corraterie. Banque + montre = l’équation genevoise parfaite pour réussir une soirée au pays du luxe. Et c’était réussi…

Des jolies femmes généreusement décolletées et soigneusement brushées malgré quelques gouttes de pluie [style Gisele Bündchen et son Ebel, ci-contre], des jeunes gens absolument propres sur eux dans leurs costumes italiens griffés [décidément, la cravate se perd sous la barre des 35 ans], des présidents de manufactures arc-boutés sur l'autoglorification de leur marque [donc d'eux-mêmes] et plusieurs dizaines de montres en vitrine, toutes plus lourdement facturées les unes que les autres, avec ce qu’il faut de flûtes de champagne [décidément, une manie de l’UBS] pour aérer la fête et ce qu'il faut de gorilles pour la sécuriser.

Toutes les grandes maisons étaient là. Sauf d’ailleurs les plus célèbres à Genève [Rolex et Patek Philippe], mais c’était probablement une simple distraction de leur part. Au bas mot, il y avait pour plusieurs dizaines de millions de francs suisses dans ces vitrines, qui dévoilaient des montres sélectionnées pour le futur Grand Prix d’Horlogerie de Genève, décerné en novembre. Quoique remontées, certaines montres étaient arrêtées : il paraît que c'est normal. D'autres étaient tellement compliquées à comprendre qu'on les prenait pour des oeuvres d'art conceptuel contemporain : c'est là qu'il faut faire semblant d'avoir tout saisi sans poser de questions...

Insolente santé que celle de l’horlogerie suisse en général, et des maisons genevoises en particulier ! Du moins en apparence, parce qu’on se demande qui va bien pouvoir acheter ces pièces exceptionnelles, maintenant que les traders ont rendu leur badge d’accès, que les hedge funders pointent au chômage et que tous les spéculateurs se voient privés de leurs primes de fin d’année. Ceux qui avaient investi en Bourse sur les valeurs horlogères (Swatch Group, Richemont) ont déjà perdu 50 % de leur fortune. Ceux qui faisaient toute confiance au Dow Jones ne sont plus que la moitié d’eux-mêmes.

Si j’en crois Le Quotidien du peuple (Beijing, 15 octobre), même les consommateurs chinois en ont ras-le-bol [de riz, bien sûr !] des produits de luxe occidentaux. Malaise identique chez les concessionnaires Rolls-Royce de Hong Kong. Place Vendôme, à Paris, on compte sur les doigs d’un main les clients qui osent pénétrer quotidiennement dans les boutiques de montres [témoignage personnel d’une habituée]. Même les pétro-milliardaires du Kazakhstan ne sont plus ce qu’ils étaient avec les brutales sorties de route des Bourses post-soviétiques, sans parler de l’effondrement des cours du brut. Les clients du luxe ont visiblement la tête ailleurs !

Hier soir, dans une des saintes chapelles bancaires les plus huppées de Genève, se célébrait pourtant une sorte de « culte du cargo » destiné à implorer les dieux du luxe de revenir à des dispositions plus favorables au négoce genevois. Boîtiers en platine, cadrans de nacre, diamants baguette et précieuses micro-mécaniques semblaient sacrifiés sous mille feux pour plaire à de frivoles et capricieuses divinités. Les conversations mondaines s'entremêlaient pour composer une sorte de cantique expiatoire, un peu comme le murmure d'un exorcisme collectif, disons un rite propitiatoire pour que la saison sèche qui s'annonce ne désertifie pas trop les gras pâturages d'hier. Dehors, insoucieux des affres de la secte horlogère, les passants zigzaguaient entre les tramways et les averses de la vraie vie…

C’est pour ça que les Genevois sont formidables.

01 octobre 2008

DES MONTRES PAS MONTRÉES


horloge_orsay_spirit_of_paris.jpgCes Genevois ne cessent de m’épater.

J’ai cherché en vain un musée d’horlogerie dans cette ville qui se présente comme la « capitale mondiale de la haute horlogerie ». J’ai bien trouvé quelques musées privés, créés par des marques genevoises (Patek Philippe, Piaget, Vacheron Constantin), ainsi qu'une vague promesse de visite pour « la collection privée de M. Wilsdorf » chez Rolex. Mais pas le moindre musée public pour exposer des montres.

Dans un vieux guide touristique, je trouve enfin mention d'un musée de l'Horlogerie, route de Malagnou. Un vrai désert. Je suis accueilli par une sorte de sculpture rouillée, dans laquelle je crois deviner une vague forme d’horloge à eau (pas sûr !). Les portes du musée genevois de l’Horlogerie et de l’Emaillerie sont malgré tout désespérément closes et les herbes folles poussent sur le perron. Bizarre, ces montres pas montrables…

A force d’explications [pas facile de trouver le bon interlocuteur dans un hôtel de ville qui semble avoir beaucoup d’autres dossiers urgents à régler], on m’explique que le musée en question est fermé depuis à peu près… cinq ans ! Deux cambriolages successifs auraient fait perdre au musée quelques pièces rares, mais on m’assure que plusieurs centaines de montres et d’horloges sont toujours bien rangées, quelque part dans les réserves, qui n’ont d’ailleurs pas cessé d’être enrichies de superbes pièces offertes par les marques genevoises d’horlogerie.

Excuse avancée par les services culturels concernés (ville et canton) : la future ouverture d’une future galerie d’horlogerie dans un futur Musée d’art et d’histoire. Quand ? Pas tout de suite, m’a-t-on fait comprendre. Qu'est-ce que cinq années de patience, quand on se réclame de cinq siècles de tradition horlogère ?

Là, je suis bluffé. Dans cette ville, je ne cesse pas de recevoir des cartons d’invitation pour des présentations de montres organisées dans des banques : l’autre jour, chez Pictet, aux Acacias ; la semaine prochaine à l’UBS Corraterie. On ne voit que des publicités pour les montres dans tous les couloirs de l'aéroport ou sur tous les toits qui entourent la rade. On trouve une boutique Swatch entre croissants et journaux à la gare Cornavin. La rue du Rhône semble tapissée de vitrines horlogères, qui nous poursuivent jusque dans les couloirs des hôtels. En novembre, entre deux opéras, le Grand Théâtre sera même mobilisé par le Grand Prix d'Horlogerie de Genève : ici, la montre infuse jusqu'à la culture lyrique ! 

Partout, des montres, sauf dans un quelconque musée ! Impossible de trouver la moindre exposition un tant soit peu pédagogique sur l’histoire ou le patrimoine de ce qui m’avait pourtant semblé être une des industries capitales de cette République de Genève.

Aimer autant les montres et les montrer si peu…

C’est pour ça que les Genevois sont formidables.