UA-68817146-1

09 mai 2009

BIAIS MARIN

 

OKALYScouchersoleil.jpg

On se demande ce qui peut pousser les plus grands marins du monde à partir à l’abordage de la Nautique de Genève. Premiers assauts ce week-end avec le Grand Prix Corum : mais qu'est-ce qu'ils ont tous à vouloir tremper leur maillot dans le Léman ?

Lire la suite

27 octobre 2008

MARE NOSTRUM

1521142.jpgCes Genevois ne cessent de m’épater.

Ils ont certes les pieds sur terre, mais ils ne manquent pas d’aplomb sur les eaux. Une rapide détour par la Nautique de Genève, où on m’a raconté ce qui se passe actuellement autour de l’America’s Cup, m’a laissé perplexe.

Déjà, qu’un équipage sous pavillon helvétique s’empare de cette aiguière d’argent [à la fois filiforme et boursouflée, en tout cas sans le moindre charme esthétique] est, en soi, assez extravagant ! Surtout face à des adversaires néo-zélandais [là-bas, on sait naviguer avant de savoir marcher], américains, allemands, suédois, français, espagnols, italiens et autres grandes nations maritimes…

Je veux bien admettre que les Suisses sont aussi de grands marins. Je sais que les eaux et les vents du lac de Genève [nommé par ailleurs lac Léman, mais je n'ai pas encore compris où l’un commence et l’autre finit] sont assez subtils pour initier les régatiers à toutes les finesses de la voile . Je reconnais qu’Ernesto Bertarelli, le pacha d’Alinghi, a su recruter les meilleurs équipiers du moment. Reste que cette double consécration nautique (deux coupes !) est assez surprenante pour une nation dénuée de toute façade maritime.

C’est pourquoi je suis encore plus étonné par l’évolution des querelles juridiques autour de la prochaine America’s Cup. Voici Alinghi en guerre contre Oracle, contre Team New Zealand, contre les Espagnols, contre Louis Vuitton (qui organise du coup, à Auckland, une sorte de contre-America’s Cup en format XXS), contre à peu près tout le monde. Les attendus sont assez obscurs et portent sur des points de détail plutôt ésotériques, mais les juges tranchent désormais à la place des marins ! Voici un vainqueur [defender] suisse qui prend le risque de torpiller la plus ancienne épreuve sportive du monde, après un double triomphe inattendu. S'agirait-il vraiment de conserver ce « pichet » à la Nautique ! C’est à n’y plus rien comprendre...

N’importe quel autre peuple aurait été soulevé d’enthousiasme par ce trophée ramené pour la première fois depuis un siècle et demi en Europe et par deux fois déjà à la Nautique de Genève. J’imagine bien les Français [qui ne font en général que de la figuration dans cette Coupe de l’America], l’arrivée sur les Champs-Elysées, la réception à l’Elysée, la pluie de Légions d’honneur et la création d’un « grand projet national » autour de cette victoire. A Genève, on a préféré à la mobilisation populaire une célébration soft et sans ostentation [sauf pour des montres en nombreuses éditions limitées]. Un juridisme formel l’a emporté, faisant dériver l’épreuve vers la seule confrontation d’armateurs milliardaires qui vident devant les tribunaux une querelle d’égos née sur les bassins. « Marins d'eau douce », tonnerait le capitaine Hadock !

Après tout, pendant toute la belle saison, il y a assez de régates sur les eaux du lac pour assouvir n’importe quelle passion vélistique, assez de banques privées pour les financer et assez d’horlogers pour les doter en montres de luxe. Qui verrait la différence si le « broc » en argent n’était plus à la Nautique ?

C’est pour ça que les Genevois sont formidables.