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03 novembre 2008

IN CALVINO VERITAS

CALVINMASQUE.jpgCes Genevois ne cessent de m’épater.

Leur instinct marchand finit toujours par prendre le dessus, tant chez mon concierge qui tire profit du moindre espace de services à occuper que chez ceux qui préparent le cinq-centième anniversaire de Jean Calvin [année Calvin09 : www.calvin09.org].

Pour réformer les papilles, nous aurons donc un chocolat Calvin09 (grand cru sauvage de Bolivie et cocktail d’épices) et la tasse Calvin09 en faïence. Sans oublier le riesling de Franconie sympathiquement baptisé In Calvino Veritas, avec un flacon à  pour la touche rétro : ivresses mystiques garanties à partir de 25 euros [le site nous assure que Calvin aimait les bons vins]. Nous devrions même avoir, ce printemps, des cuvées spéciales de vins genevois à la mémoire du Réformateur.

Pour amuser les enfants, il y aura même un masque en carton Jean Calvin [ci-dessus : heureusement qu’Halloween est derrière nous !] : un peu étrange pour servir la mémoire de quelqu’un qui a toujours combattu le culte des images et des reliques…

Les organisateurs de Calvin09 clament haut et fort leur volonté de donner une autre image du « Réformateur mal-aimé ». Je cite : « Rarement un homme fut aussi caricaturé, voire calomnié que Calvin ». Genève combat donc la « rigueur excessive » et « l’intolérance en contradiction avec le message évangélique » par le merchandising : intéressant…

Calvin, le « pape de Genève », avait souhaité qu’on ne puisse même pas identifier sa tombe : une promenade au cimetière de Plainpalais [Genevois rien venir du 09 octobre dernier] suffit pour comprendre que ses dernières volontés sont restées lettre morte. Il est vrai qu’il n’était pas natif de Genève, mais de Noyon, en Picardie (France). Ce n’était tout de même pas à un immigré de dicter sa loi aux autorités de la ville !

C’est pour ça que les Genevois sont formidables.

31 octobre 2008

DUCK TOY

10141-mini-canard-sex-toy-sexe-toys.jpgCes Genevois ne cessent de m’épater.

Hier soir, aux Bastions, une fête avec la ration habituelle de jolies filles et de jeunes gens bien mis : la nouvelle génération horlogère s’est rassemblée autour du magazine de montres GMT – Great Magazine of Timepieces, un des leaders mondiaux de la spécialité et un titre qui se décline aujourd’hui dans une dizaine de pays [Bravo, les Suisses !].

La vraie surprise nous attend à la sortie. Dans le « cornet » proposé aux filles à la sortie du vestiaire, un joli petit écrin, griffé d’un grand D. Un parfum, un bijou, pas une montre tout de même ? Non, un Duck Toy. Le jeu de mots a déjà de quoi faire rosir les joues les plus pudiques. Le petit canard en plastique qui nous sourit dans la soie de l’écrin fait passer un petit frisson d’étonnement ! C’est d’ailleurs sa fonction première, puisqu’il provient d’une boutique genevoise spécialisée dans les plaisirs de la vie à deux.

La carte de visite jointe ne manque pas d’humour : elle nous promet que « GMT vous donne du plaisir toute l’année ». Avec ce qu'il faut de Veuve Clicquot pour faire pétiller les sens, c'est vraiment un vibrant hommage à la passion qui anime les horlogers !

A Paris, les grands couturiers ont créé plusieurs lignes de ces « jouets » pour grands adultes consentants, mais je ne crois pas qu’une marque de luxe en ait jamais offert une cargaison à ses invitées : bravo pour le décalage de ce « buzz » genevois plein d’esprit…

A Genève, à plus forte raison dans un milieu horloger généralement plus cravaté, c’est beaucoup plus étonnant, et d’autant plus inattendu que cette fête se passait au restaurant des Bastions, à quelques mètres du Mur des Réformateurs. J’imagine que le respectacle M. Calvin en aurait avalé sa barbe de fureur, lui qui avait tout simplement interdit le commerce des colifichets féminins et même des bijoux profanes. Sic transit gloria mundi

C’est pour ça que les Genevois sont formidables.