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20 janvier 2013

Genève, capitale... strictement confidentielle de l’horlogerie

Les salons horlogers permettent aux autorités genevoises mobilisées pour la circonstance de nous resservir l’inusable couplet de la « Genève, capitale horlogère de la Suisse ». Ce qui correspond à rien dans la réalité...

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Les salons horlogers permettent aux autorités genevoises, immuablement mobilisées pour la circonstance, de nous resservir l’inusable couplet de la « Genève, capitale horlogère de la Suisse ».

Discours en copié-collé d’une année sur l’autre : la posture avantageuse des élus ne doit cependant faire oubier que la capitale horlogère en question n’a pas une seule – pas une ! – rue dédiée à un quelconque horloger, hormis le pont Hans-Wilsdorf dont nous n’aurons pas la cruauté de rappeler qu’il relève d’une initiative... privée et qu’il n’a pu être lancé sur l’Arve que grâce aux fonds privés de la fondation du même nom (propriétaire de la marque Rolex).

Et nous n'aurons pas l'indécence de rappeler que « Genève, capitale horlogère » n'a toujours pas ouvert au public le moindre musée horloger digne de ce nom, alors que la plus récente des expositions sur son patrimoine horloger a connu un brillant succès. Le seul musée de la ville capable de présenter des montres est un musée privé, créé par la maison Patek Philippe avec des fonds privés et une collection privée...

À Genève, pour les autorités, l'horlogerie est avant tout une affaire d'emplois (frontaliers ?) et de retombées économiques. La République aime bien discourir sur les montres, mais elle préfère avant tout l'argent des montres (et, une fois par an, le champagne et les petits fours des montres). Pas très étonnant que les touristes chinois – qui aiment les montres suisses – préfèrent les découvrir ailleurs en Suisse : hormis les boutiques du Rhône, rien n'est organisé pour eux par la ville. Ah si, on oublie : il existe bien une sympathique « route de l'horlogerie » imaginée par l'office du tourisme, mais elle consiste à cartographier... les boutiques des marques !

Et les salons horlogers ? Il faut savoir que « Genève, capitale horlogère » n’a pas, dans l'année, une seule – pas une ! – manifestation publique horlogère ouverte aux Genevois. Les multiples salons qui permettent cette semaine à 85 marques de montres d’organiser un événement à Genève fonctionnent à guichets fermés, uniquement sur invitation. Et ne vous avisez pas d’essayer d’entrer au SIHH ou au GTE, qui se tiennent pourtant dans des lieux publics (Palexpo ou le Bâtiment des forces motrices) : ce sont des rendez-vous privés, sans la moindre journée oou le moindre horaire pendant lesquels le grand public serait admis à s'informer ou à admirer des montres. On ne va quand même pas mélanger les torchons et les serviettes : les citoyens et les résidents genevois sont priés de circuler – il n’y a rien à voir...

Une fois par an, un jour par an, ce n’est pourtant pas beaucoup demander. Ces salons seraient pourtant l'occasion d'instaurer, à Genève, une seule fois par an, une « journée de la montre » qui rassemblerait tout le monde (professionnels et grand public) autour des collections patrimoniales du canton (publiques et privées) et autour des valeurs non marchandes d'une horlogerie enracinée ici depuis plus de quatre siècles.

Ah oui, dernière précision : Genève n’est pas, et de loin, la « capitale horlogère » dont se flattent ses élus. C’est, selon le mode de calcul (chiffre d’affaires, personnel, nombre d’entreprises, etc.), soit le troisième, soit le quatrième, soit même le cinquième canton suisse dans ce domaine. C’est officiellement la seule ville suisse qui tienne à afficher son nom sur les cadrans, mais c’est aussi la ville suisse dont les élus affichent la plus grande indifférence à l’horlogerie réelle – celle des hommes et des femmes qui en vivent, qui font des montres ou qui en rêvent...

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02 novembre 2012

Foutez-moi donc toutes ces montres suisses à la poubelle !

Une campagne de publicité financée par les services touristiques de la Confédération recommande de balancer à la poubelle toutes les montres et toutes les horloges du pays.

Si c'est de l'humour suisse, de quel canton, qu'on rigole un peu ?

Les 40 000  employés de l'industrie horlogère vont trouver la blague un peu saumâtre...

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13 octobre 2009

UN VRAI TRIBUN POPULISTE PEUT-IL PORTER DES FAUSSES MONTRES ?

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Eric Stauffer, vainqueur (avec le MCG) des récentes élections genevoises, parade avec une fausse Panerai au poignet : peut-on affirmer qu'on défend les emplois suisses et se rendre complice des contrefacteurs qui détruisent des emplois dans l'industrie horlogère ? Ceci n'est pas une prise de position politique, mais une simple question de bon sens et de logique : comment dit-on "faux et usage de faux" à Genève ?

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17 novembre 2008

SI J’AVAIS UN MARTEAU...

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Ces Genevois ne cessent de m’épater.

Surtout quand ils s’emballent, l’espace d’un week-end, pour des ventes aux enchères de bijoux, de vins, de meubles et de montres tous plus désirables les uns que les autres. Quelle avalanche de merveilles ces temps-ci pour les candidats à une adjudication ou même pour les simples curieux ! Il faudrait pouvoir passer ses jours et ses nuits dans les palaces des bords du lac pour admirer tous les lots en exposition et suivre tous les lots, par goût ou par simple curiosité…

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01 octobre 2008

DES MONTRES PAS MONTRÉES


horloge_orsay_spirit_of_paris.jpgCes Genevois ne cessent de m’épater.

J’ai cherché en vain un musée d’horlogerie dans cette ville qui se présente comme la « capitale mondiale de la haute horlogerie ». J’ai bien trouvé quelques musées privés, créés par des marques genevoises (Patek Philippe, Piaget, Vacheron Constantin), ainsi qu'une vague promesse de visite pour « la collection privée de M. Wilsdorf » chez Rolex. Mais pas le moindre musée public pour exposer des montres.

Dans un vieux guide touristique, je trouve enfin mention d'un musée de l'Horlogerie, route de Malagnou. Un vrai désert. Je suis accueilli par une sorte de sculpture rouillée, dans laquelle je crois deviner une vague forme d’horloge à eau (pas sûr !). Les portes du musée genevois de l’Horlogerie et de l’Emaillerie sont malgré tout désespérément closes et les herbes folles poussent sur le perron. Bizarre, ces montres pas montrables…

A force d’explications [pas facile de trouver le bon interlocuteur dans un hôtel de ville qui semble avoir beaucoup d’autres dossiers urgents à régler], on m’explique que le musée en question est fermé depuis à peu près… cinq ans ! Deux cambriolages successifs auraient fait perdre au musée quelques pièces rares, mais on m’assure que plusieurs centaines de montres et d’horloges sont toujours bien rangées, quelque part dans les réserves, qui n’ont d’ailleurs pas cessé d’être enrichies de superbes pièces offertes par les marques genevoises d’horlogerie.

Excuse avancée par les services culturels concernés (ville et canton) : la future ouverture d’une future galerie d’horlogerie dans un futur Musée d’art et d’histoire. Quand ? Pas tout de suite, m’a-t-on fait comprendre. Qu'est-ce que cinq années de patience, quand on se réclame de cinq siècles de tradition horlogère ?

Là, je suis bluffé. Dans cette ville, je ne cesse pas de recevoir des cartons d’invitation pour des présentations de montres organisées dans des banques : l’autre jour, chez Pictet, aux Acacias ; la semaine prochaine à l’UBS Corraterie. On ne voit que des publicités pour les montres dans tous les couloirs de l'aéroport ou sur tous les toits qui entourent la rade. On trouve une boutique Swatch entre croissants et journaux à la gare Cornavin. La rue du Rhône semble tapissée de vitrines horlogères, qui nous poursuivent jusque dans les couloirs des hôtels. En novembre, entre deux opéras, le Grand Théâtre sera même mobilisé par le Grand Prix d'Horlogerie de Genève : ici, la montre infuse jusqu'à la culture lyrique ! 

Partout, des montres, sauf dans un quelconque musée ! Impossible de trouver la moindre exposition un tant soit peu pédagogique sur l’histoire ou le patrimoine de ce qui m’avait pourtant semblé être une des industries capitales de cette République de Genève.

Aimer autant les montres et les montrer si peu…

C’est pour ça que les Genevois sont formidables.