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02 octobre 2008

MISE EN EXAMEN


Absinthe.jpgCes Genevois ne cessent de m’épater.

Je viens de découvrir qu’il existe ici un examen obligatoire pour devenir cafetier-restaurateur. C’est une première source d’étonnement : il faut donc être diplômé pour servir cafés et apéritifs, passer sur le torchon sur le comptoir et préparer des sandwiches au fond du bistrot. Bizarrement, les questions touchent à la cuisine et au service de la table ont été retirées du programme de cet examen, mais les prétendants à l’empire bistrotier sauront tout de l’hygiène et de la gestion du personnel.

Donc, c’est en autodidacte qu’on doit s’initier à l’art du sandwich. En revanche, la pratique du tire-bouchon se trouve sévèrement encadrée par les services officiels de la ville de Genève. C’est sûr : respect pour le « diplômé » qui encaisse les cinq francs de mon déci de chardonnay [terrasse de La Clémence] ! Je vais le regarder d’un autre œil (le diplômé, pas la verre) maintenant que je le sais breveté, tamponné et certifié par les autorités.

Que faut-il à un Français pour tenir un bistrot ? Une ascendance auvergnate [c’est la tradition dans la limonade gauloise] ou une grande famille asiatique [ce sont les immigrés chinois qui rachètent actuellement près de la moitié des cafés-tabacs parisiens]. Quand on découvre l’incroyable densité des petits estaminets, cafés, bars, zincs, buvettes et autres tavernes qui ponctuent les trottoirs populaires de Genève [densité nettement supérieure, en proportion, à celle des comptoirs parisiens], on se dit que cette mise en examen est pour le moins stimulante pour la création d'entreprises qui tiennent une place indispensable dans notre quotidien.

Mon second étonnement de ce jour n’a qu’un rapport indirect avec le précédent, quoiqu’il concerne l’univers cabaretier : on pourra désormais fumer dedans comme dehors. Nul n’est censé ignorer la loi : les diplômés ès-verrées ne devront plus faire la police en salle. Bonne nouvelle pour ceux qui étaient condamnés à déguster leur cigare sous les « grille-pains » installés en terrasse [crâne bouillant, pieds gelés dès les premiers froids], mais navrante parenthèse législative pour les allergiques à la fumée. Un bon conseil pour les rebelles du front anti-Nicot : passez votre diplôme de cafetier et ouvrez des bistrots non-fumeurs…

C’est pour ça que les Genevois sont formidables.