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27 février 2010

Son cerveau dissociant main droite et poignet gauche, Mouammar Kadhafi est-il dyslexique ?

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La question est posée après sa fatwa anti-suisse : il y a quelques mois, il commandait un plein chargement de montres suisses pour fêter ses quarante ans de pouvoir. Business Montres s’interroge sur ce trouble cognitif évident...

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06 octobre 2008

GRANDS CHEVAUX

DSC02587.jpgCes Genevois ne cessent de m’épater.

Hier, si j’étais resté Parisien, j’aurais été faire un tour au Salon de l’auto. Qu’ai-je fait de ce dimanche genevois ? Un tour dans un Salon de l’auto de format cantonal, comprenez Geneva Classics 08 (Palexpo), où se mêlaient allègrement voitures vintage, avions des premiers fous volants et canots automobiles. Sans oublier les inévitables vitrines horlogères : les manufactures Jaeger-LeCoultre, Chopard, Girard-Perregaux, Audemars Piguet, Porsche Design et même Horus [la première « manufacture » de montres jamais installée à Monaco] avaient tenu à démontrer leur cousinage avec les belles mécaniques.

Ce week-end, la planète automobile vivait à Paris dans le grand frisson des énergies hybrides, en donnant au monde entier des leçons d’écologie pas forcément probantes.

Au même moment, Genève s’offrait une bouffée de nostalgie pour les grosses américaines chromées miroir, les Bugatti d’avant la crise et plein de charmantes vieilles dames de la route, toutes très gourmandes en indice d’octane et très amoureuses de nos pompistes.

A Paris, les voitures « vertes ». A Genève, les bolides rouges, grâce à une remarquable série de Ferrari de l’âge d’or…

Le moins qu’on puisse dire est que les Genevois n’ont pas un rapport très simple avec leurs voitures. Genève est sans doute la capitale mondiale de la voiture de luxe, qu’il s’agisse d’insolents 4 x 4, de sportives allemandes ou d’anglaises de haut lignage. On y croise d’imposantes berlines blindées, immatriculées au Proche-Orient : on doute qu’elles aient jamais été garées sur d’autres trottoirs que ceux de Genève [c’est plus facile avec des plaques d’immatriculation emirati, la ville de Genève semblant dépourvue de préposés arabisants pour taxer ces limousines].

La « belle bagnole » est, à Genève, la cabine privilégiée de l’ascenseur social. Pour exister au volant, il faut du long capot, du lourdement cylindré et du millésimé de l’année. Avoir du répondant, c’est en avoir sous la pédale d’accélérateur…

Ici, on aime tellement les voitures qu’on fait tout pour les admirer en ralentissant la circulation, et tout pour les retenir en garrotant les voies qui entrent et sortent de la ville. Plusieurs heures par jour, pour passer d’une rive à l’autre, on va plus vite en Mouette qu’en voiture.

Un plan de circulation aberrant en centre ville : la liberté de conduire sans la liberté de rouler ! Des gros moteurs qui hurlent d’impatience, avec des radars partout où il est possible de piéger leurs conducteurs.  Des feux qui repassent par l’orange pour qu’on démarre plus vite quand le vert est mis, assortis de couloirs de circulation qui zigzaguent en désordre entre les sens interdits. Des rues qui se rétrécissent sans prévenir et qui se mêlent par instants aux lignes de tramway, jusqu’à transformer certains quartiers en cauchemar pour les non-initiés…

Avoir une voiture pour être quelqu’un, monter sur ses grands chevaux pour avancer au pas, pouvoir accélérer sans savoir où se garer, brûler de l’essence pour éteindre ses éraflures d’amour-propre : complexité des mœurs automobiles genevoises…

Ne jamais klaxonner d’impatience. Respecter courtoisement les règles de la ciculation. S’indigner des « voitures poubelles » [généralement immatriculées… 01 ou 74, je sais !]. Payer ses contraventions. Supporter héroïquement les feux rouges les plus lents d’Europe. S’arrêter systématiquement devant les piétons qui traversent. Séductions locales de la morale au volant…

C’est pour ça que les Genevois sont formidables.