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19 août 2012

LES PORCS DE L’ÉTÉ ADORENT LE PLEIN AIR

Avec l’été, les bords du lac et les parcs sont envahis par des bandes de porcs qui transforment les espaces de plein air en véritables poubelles...

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30 avril 2009

SAFARIRE

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Les chacals sont de retour en Suisse. Les charognards aussi. Et pas seulement dans les banques…

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18 octobre 2008

POST TENEBRAS CANTHARELLUS

arme-geneve.gifCes Genevois ne cessent de m’épater.

Vue de l’extérieur, pour un Français, et sans le moins du monde prendre parti, l’élection de la Constituante genevoise de ce week-end est assez surprenante. D’abord par le fait qu’elle passionne fortement une infime minorité de Genevois, mais qu’une grande majorité semble totalement indifférente tant aux enjeux qu’à la mobilisation qui agite le microcosme politique. On doit même constater que l’élection américaine provoque plus de commentaires (« McCain est-il bon, Obama est-il noir, Palin est-elle folle, etc. ? ») et de prises de position que le débat citoyen purement genevois.

Ensuite, je dois avouer que pas un de mes amis genevois n’a pu clairement m’expliquer les pièces de ce puzzle politique complexe qu’est l’élection d’une Constituante, alors qu’il existe déjà un texte fondamental (certes ancien) et une Constitution fédérale. Pour me faire une idée approximative de la discussion en cours [et sachant qu’un des points du débat me concernera directement : je veux parler du droit de vote des étrangers au niveau cantonal], il a fallu que j’aille pêcher quelques informations où je pouvais. Pour un non-initié, impossible de comprendre ce dont parlaient les affiches électorales, souvent très intelligentes sur le plan graphique, mais totalement absconses dans leur rhétorique citoyenne.

D’autant plus fouillis qu’ils étaient très fouillés, les nombreux blogs de la Tribune de Genève ne m’ont guère été d’un grand secours. Très utile et devenue centrale pour le débat politique, cette blogosphère votationnelle manque encore d’un minimum de clarté pédagogique. On s’y sent brutalement projeté au cœur de discussions dont personne ne prend plus la peine de nous expliquer, ne serait-ce que de temps en temps, les tenants et les aboutissants. Faute de recadrages périodiques des discussions, on glose à l’infini, quoique toujours avec profit, sur des détails d’un tout qui semble échapper aux Genevois de base. Malheur à celui qui rate un seul épisode de ce feuilleton quotidien : il est est largué dès le lendemain matin !

Je dois en conclure que le Genevois de base est très intelligent et que les citoyens de cette douce République genevoise n’ont pas besoin – comme nous, pauvres électeurs hexagonaux – de ces éclaircissements didactiques et de ces infographies de style école primaire qu’adorent nous servir les services officiels d’une République française une, indivisible, autoritaire et surplombante…

Enfin, et toujours du seul point de vue de la rue, cette floraison de panneaux électoraux est pour le moins surprenante : 18 listes aux dénominations et aux frontières politiques pas toujours explicites pour 527 candidats à la Constituante, c’est beaucoup pour un aussi petit Etat. D’autant qu’on peut (semble-t-il) panacher ! Le facteur rassurant reste le modeste niveau des dépenses en marketing électoral : on est très loin du tapage américain et à peu près au niveau d’une humble élection locale française. Abondance de biens ne nuit-elle pas ?

On déduira de cette ultra-motivation des uns une idée très positive de l’insolente santé démocratique manifestée lors de cette campagne pour une nouvelle Constitution, sujet difficile s'il en est. On corrigera cette impression par le taux de participation réel des autres à l'issue de ce week-end. En France, on parle des abstentionnistes comme du parti des pêcheurs à la ligne. Le choix n’étant pas simple face à un tel parterre d'ardents constituants, certains Genevois risquent, au petit matin, d’aller traquer les derniers champignons de l’été indien plutôt que la votation.  La sécession citoyenne comme nouveau droit dans la Constitution : Post Tenebras Cantharellus*...

C’est pour ça que les Genevois sont formidables !

 

* La chanterelle ou la girolle pour les profanes...

13 octobre 2008

PARIS PUE-T-IL ?

ListeP201.jpgCes Genevois ne cessent de m’épater.

Ils grognent souvent, et les blogs voisins [y compris le mien] témoignent d’un esprit volontiers ronchon. Pourtant, ont-ils de vraies raisons de râler ? Sans doute, et c’est le signe d’un vigoureux esprit démocratique que de voir des citoyens se mêler de tout sans rien s’interdire. Ceci dit, un retour de week-end à Paris permet de moduler sa propre grogne et de poser quelques limites aux critiques faites à Genève.

Soyons clairs : quand on se déhabitue, Paris prend à la gorge. Et c’est un Parisien de Paris qui se permet de le dire ! L’arrivée dans la capitale est une agression olfactive dont j’avais oublié la puissance et la ténacité. Pollution automobile à la limite de l’insupportable dans les étroites rues du centre ; fumées noirâtres et malodorantes qui enveloppent les camionnettes de livraison, invariablement garées en double file, moteur allumé ; vapeurs grasses et collantes dans les bistrots qui alignent des rafales de croque-monsieur et de portions de frites à l’heure du déjeuner, sans parler des effluves généreusement dispensées, à des dizaines de mètres de distance, par les marchands de hamburgers ; inévitables « déjections canines » [on ne dit plus crottes de chien] qui empuantissent les trottoirs et transforment toute promenade lèche-vitrines en dangereux parcours du combattant ; odeurs fortes dans le métro, qui oblige chacun à mettre le nez sur l'épaule du voisin, pour le pire plutôt que le meilleur [quand se décidera-t-on à considérer qu'il est inhumain de transporter plus de passagers payants que n'en peuvent contenir les wagons] ; passons vite sur les toilettes publiques innommables [il n’y a pas d’autre mot], quoique sévèrement tarifées, et ce n’est guère mieux dans les restaurants qui ne sont pas étoilés [un conseil aux amis suisses : à Paris, réservez-vous pour les toilettes des palaces, les seules correctes]

Jamais aucun indice international n’a encore classé les grandes villes par intensité de puanteur, mais, par endroits, Paris devrait côtoyer dans ce stink-parade Istambul, Addis-Abeba et Bombay, Genève s’offrant sans doute un podium d’étincelante fraîcheur. Après quelques rayons de soleil, même la Seine ne m’a pas semblé pas très saine à respirer, et les Champs pas du tout champêtres pour ce qui est de leur bouquet. Paris a une odeur propre [tous les poètes vous le diront], mais elle n’est pas/plus propre…

Paris pue, mais les Parisiennes restent les femmes les mieux parfumées de cette planète. Faut-il y trouver un rapport de cause à effet ? Je serais à présent tenté par cette hypothèse : une forme de compensation, héritée de ces élites du XVIIe siècle, qui répugnaient à l’usage hygiénique de l’eau pour mieux s’inonder de lotions et d’élixirs aromatiques capables de masquer de terribles mais aristocratiques odeurs sui generis. Sans le sillage quasi-hallucinatoire qui enveloppe les Parisiennes lancées à grands pas sur les trottoirs, Paris serait souvent une décharge quasi-pestilentielle. Pourtant, le rêve passe vite, et les remugles retrouvent leur emprise sur les nez...

Les rues de Genève respirent le propre et les Genevoises encore plus. Elles semblent inspirées par un souci permanent de l’hygiène plus que par la magie des fragrances prestigieuses griffées par les grands parfumeurs parisiens. Genève n’a pas d’odeur. Quelques relents de fondue en Vieille Ville, des fumets de brochettes nord-africaines aux Pâquis, quelques exhalaisons de cannabis du côté des Forces motrices. Genève ne sent rien et n’impose rien aux odorats les plus exigeants. Genève joue, une fois de plus, de sa neutralité – et c’est pour le coup assez bienfaisant…

C’est pour ça que les Genevois sont formidables.