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27 septembre 2008

Autobus et coutumes


280px-Milouf-suisse.jpgCes Genevois ne cessent de m’épater.

Dans ce pays, les conscrits – pardon, les recrues en Suisse romande – traînent dans les transports publics avec leur fusil d’assaut, en tenue de combat. J’ose espérer qu’ils n’ont pas les cartouches du bon calibre avec eux, mais on m’assure que tout bon Genevois a son paquet de munitions réglementaires à la maison. Je découvre que mes copains de bureau sont non seulement des « grenadiers », mais aussi des « fusiliers d’élite » ! Je préfère ne pas imaginer ce qui se passerait en France si les « jeunes » déambulaient dans les gares de banlieue avec des armes automatiques : avez-vous remarqué que les patrouilles militaires qu’on voit circuler dans les gares françaises (plan anti-terrorisme) ont l’obligation d’enchaîner leurs armes de guerre à leur brelage [de peur qu’on ne les leur arrache] ? Ici, au contraire, ces jeunes gens se faufilent avec agilité dans les autobus et les trains, l’arme en bandoulière et les bottes plus ou moins cirées. Ils sont pressés de rejoindre leur fiancée ou leur maman, mais pas gênés par leur harnachement militaire. Je remarque qu’ils portent presque tous des noms allemands ou italiens, et non des patronymes romands comme on pourrait s’y attendre. Le melting pot citoyen est-il au bout de la culasse ?

C’est pour ça que les Genevois sont formidables.

26 septembre 2008

Le sexe des têtes de gondole

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Ces Genevois ne cessent de m’épater.

Pas un n’a été capable de m’expliquer pourquoi « la » Migros et pas « le » Migros, faute grossière que je pouvais commettre en débarquant ici, contaminé par « le » Monoprix, « le » Champion, « le » Super-U » ou « le » Carrefour. Les supermarchés ont-ils un sexe ? Grave débat, dont les profondeurs ne m’effleuraient pas auparavant. D’autant que ce sexe pourrait muter en passant la douane de Bardonnex. Féminiser une enseigne induit une forme de réassurance maternante, une régression vers la matrice originelle qui fournissait les fluides essentiels à la vie, une révolte larvée contre le quotidien paternaliste de la vie d’entreprise ou de la politique. Puisqu’il faut de toute façon passer à la caisse, autant le faire à « la » Migros : c’est moins râpeux et plus velouté, un peu comme la joue de Maman juste avant d’entrer à l’école.Une ultime douceur avant la nécessaire corvée...

C’est pour ça que les Genevois sont formidables.

25 septembre 2008

Liquide culte


1000_suisse.jpgCes Genevois ne cessent de m’épater.

Je croyais naïvement qu’on était ici dans la capitale mondiale de la banque. C’est probablement vrai dans le « quartier des banques », à vrai dire assez sinistre, excepté pour quelques bars à vins dans sa périphérie. Mais allez donc chercher un distributeur de billets à Genève ! Pas le moindre « bancomat » [c’est le nom local] dans le secteur bancaire en question. A peine plus dans les autres quartiers, alors qu’on trouve des G.A.B. [guichet automatique de banque : c'est le nom bureaucratique à Paris] dans presque tous les coins de rue des villes françaises.

Est-ce de la pudeur vis-à-vis d’un bien aussi sensible que l’argent, qu’il convient de cacher dans le secret des coffres de ces « Messieurs de Genève » ? Est-ce de la morale vis-à-vis de billets trop généreusement profusionnels dès qu’on a un sésame plastifié au bout des doigts ? Est-ce du respect pour ce dieu unanimement respecté qu’est le franc suisse, dont le culte ne saurait se galvauder sur de vils trottoirs ? En tout cas, déposer de l’argent sur un compte suisse n’est pas bien difficile ; c'est dénicher quelques menus billets entre Rhône et Arve qui relève de l’exploit.

C’est pour ça que les Genevois sont formidables.

24 septembre 2008

Gardez la monnaie


Ces Genevois ne cessent de m’épater.

Au creux de ma main, une confortable pièce de cinq francs, frappée d’un superbe écu suisse, une pièce de deux francs, un pièce de un franc. On passe ensuite au petit peuple des vingt centimes et des dix centimes. La plus petite ? Un demi-franc, piécette si fine qu’on la prendrait pour cinq centimes. Insignifiante au creux de la main. Difficile à reconnaître et à ne pas confondre avec la menue monnaie. C’est totalement illogique. Je me demande si les Suisses n’ont pas honte de diviser par deux ce franc dont ils sont si fiers : ½ franc, ce n’est pas grand chose, quasiment plus rien. La baptiser cinquante centimes aurait donné trop d’importance à la mitraille subdivisionnaire qui alourdit nos poches.

C’est pour ça que les Genevois sont formidables.

23 septembre 2008

Le compte n’est pas bon

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Ces Genevois ne cessent de m’épater.

J’habite dans le quartier des Bastions et, chaque matin, en allant à mon bureau, au lieu de cheminer dans l’allée centrale de la promenade des Bastions, je fais le détour par le mur des Réformateurs. On fêtera bientôt le 100e anniversaire de ce monument, unique au monde. D’abord, on en prend plein la tête : « Post Tenebras Lux » ! Aux pieds de ces géants, ambiance de jugement dernier les soirs d’orage, quand le tonnerre fait trembler les fortifications.

Hier, j’ai compté : quatre géants (trois autour de Calvin) et six pionniers historiques de la Réforme en Europe. Il en manque au moins deux, et non des moindres, puisque je cherche en vain l’Allemand Martin Luther et le Suisse Ulrich Zwingli. A la place supposée de ce dernier, au-dessus d’une stèle vide, un saule pleureur. A la place de Luther, un bloc de pierre vide de toute statue et noyé dans les feuillages. Personne n'a pu m'expliquer cette absence criante des deux piliers de la Réforme.

C’est pour ça que les Genevois sont formidables.


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22 septembre 2008

Urbanités nouvelles

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Ces Genevois ne cessent de m’épater. Me voici chez eux, nanti d’un Ausweis B, d’un « Natel » (c’est comme ça qu’on appelle un portable au pays de Calvin) et de quelques idées reçues glanées auprès d’anciens expatriés. Quelques illusions aussi, sur la fausse ressemblance entre les Français et les Suisses, qui parlent la même langue, mais qui ne vivent pas tout-à-fait dans le même univers. Il va bien falloir que j’explique toutes ces différences à mes copains restés du mauvais côté de la douane.

Parce que tout m’étonne en ce moment dans ces rues qu’il me faut explorer : les feux rouges qui passent par l’orange avant se mettre au vert, les tramways qui circulent en sens inverse des automobiles, le plan de circulation aberrant dans le secteur de Cornavin, les voitures qui freinent devant des piétons qui traversent absolument et très poliment au bon endroit. C’est pour ça que les Genevois sont formidables.

C’est pour raconter tout ça que je vais créer ce blog…

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22:17 Publié dans Genève | Tags : calvin, natel, tramway | Lien permanent | Commentaires (2)