UA-68817146-1

13 novembre 2016

183 000 francs par montre promue par la ville de Genève : on croit rêver…

La Fondation pour le Grand Prix d’Horlogerie de Genève est le bras armé horloger de la ville de Genève et de la République et Canton de Genève. Donc, un « machin » on ne peut plus officiel. Prix moyen des quinze montres récompensées en 2016 par ce Grand Prix : 183 000 francs. Pierre Maudet s’en félicite ! Cherchez l’erreur, alors que l’horlogerie genevoise annonce plusieurs centaines de licenciements dans les mois qui viennent…

grand prix d'horlogerie de geneve, horlogerie, pierre maudet, ville de genève

Lire la suite

06 juin 2016

Fric frac dans l'horlogerie : Post luxe, tenebras...

La vraie question centrale, c’est celle du rapport de l’horlogerie suisse à l’argent (hier, aujourd’hui et demain)…

Ceux qui ont créé le problème ne sont jamais – jamais ! – ceux qui peuvent trouver la solution...

Après le fric frac, il faut donc se reposer autrement la question du rapport des montres à l’argent et repenser de façon alternative le devenir créatif de l’industrie des objets du temps... Après la bulle, c’est au ras du terrain, dans l’exubérance imaginative de ses discrets ateliers et dans l’enthousiasme de ses amoureux que cette industrie horlogère retrouvera son âme en même temps qu'un nouveau destin…

horlogerie, montres de luxe, crise horlogère, fric, bulle du luxe, Hublot, Briston, DeWitt, Patek Philippe

Lire la suite

06 décembre 2015

Les 10 stupidités sur les smartwatches qu’on espère bien ne plus jamais entendre en 2016

Ras-le-cadran de la désinformation sur les montres connectées ! Alors que personne n’y croyait, tout le monde devient fébrile à leur sujet – même le Swatch Group, qui fait toujours semblant d’imaginer qu’elles ne représentent aucun danger. Problème : ceux qui croient créer des contrefeux ne font qu’allumer les cierges votifs d’un improbable rituel d’exécration…

montre connectée, TAG Heuer, Swatch Group, smartwatch, Apple Watch

Lire la suite

13 octobre 2015

Une Prune qui n’a pas sa plume dans sa poche

Naissance d’un nouveau talent littéraire en Romandie, aux frontières de l'horlogerie et de l'eau de rose. Prune – c’est son vrai prénom – nous raconte les coulisses pas très prestigieuses d’une grande marque horlogère de prestige. Ce « roman » pas si romancé se passe à Bienne, au coeur d'une Suisse franco-alémanique dont elle dévoile aussi quelques pans de la vie quotidienne...

Prune, 10 heures 10, Bienne, Gameo

Lire la suite

04 juin 2014

INDÉCENCE ÉTHIQUE : « J’irai cracher sur ta tombe ! » (Nick Hayek face à Marie-Antoinette, place de la Concorde)

C’est vrai : il est difficile de cracher sur la tombe de la reine décapitée, dont le corps a été jeté à la fosse commune, à l’emplacement de l’actuelle chapelle expiatoire de Paris. Sauf que faire de l’humour sur ce crime de la Révolution française est une insulte à l’histoire de France…

swatch, place de la concorde, marie-antoinette, nicolas hayek, swatch group

Lire la suite

10 septembre 2013

Les horlogers russes se paient la tête de François Hollande

« Hollande, range le bordel que tu fous en France au lieu d’aller foutre le bordel en Syrie »

Russie, Raketa, Poutine, Obama, Syrie, Hollande


Lire la suite

22 février 2013

Où les socialistes genevois ont-ils la tête ?

Il n'y avait sans doute pas le feu au lac pour le socialiste genevois Charles Beer, président du Conseil d'Etat de Genève. Il vient de réagir à la fermeture du bureau genevois du COSC, transféré à Saint-Imier. Il était temps !

salons horlogers, Genève, BFM, SIHH, horlogerie genevoise, salon GTE, montres, horlogerie

Lire la suite

11 février 2013

Le Swiss Made et la fraude chevaline

La France, pays de gastronomie, s'émeut plus de l'affaire des viandes de cheval que l'Angleterre. La Suisse, pays d'horlogerie, devrait se méfier des retours de bâton sur les fraudes dans la recette de ses montres...

Suisse, Swiss Made, horlogerie, montre suisse

Lire la suite

20 janvier 2013

Genève, capitale... strictement confidentielle de l’horlogerie

Les salons horlogers permettent aux autorités genevoises mobilisées pour la circonstance de nous resservir l’inusable couplet de la « Genève, capitale horlogère de la Suisse ». Ce qui correspond à rien dans la réalité...

salons horlogers, Genève, BFM, salon GTE, montres, horlogerie


Les salons horlogers permettent aux autorités genevoises, immuablement mobilisées pour la circonstance, de nous resservir l’inusable couplet de la « Genève, capitale horlogère de la Suisse ».

Discours en copié-collé d’une année sur l’autre : la posture avantageuse des élus ne doit cependant faire oubier que la capitale horlogère en question n’a pas une seule – pas une ! – rue dédiée à un quelconque horloger, hormis le pont Hans-Wilsdorf dont nous n’aurons pas la cruauté de rappeler qu’il relève d’une initiative... privée et qu’il n’a pu être lancé sur l’Arve que grâce aux fonds privés de la fondation du même nom (propriétaire de la marque Rolex).

Et nous n'aurons pas l'indécence de rappeler que « Genève, capitale horlogère » n'a toujours pas ouvert au public le moindre musée horloger digne de ce nom, alors que la plus récente des expositions sur son patrimoine horloger a connu un brillant succès. Le seul musée de la ville capable de présenter des montres est un musée privé, créé par la maison Patek Philippe avec des fonds privés et une collection privée...

À Genève, pour les autorités, l'horlogerie est avant tout une affaire d'emplois (frontaliers ?) et de retombées économiques. La République aime bien discourir sur les montres, mais elle préfère avant tout l'argent des montres (et, une fois par an, le champagne et les petits fours des montres). Pas très étonnant que les touristes chinois – qui aiment les montres suisses – préfèrent les découvrir ailleurs en Suisse : hormis les boutiques du Rhône, rien n'est organisé pour eux par la ville. Ah si, on oublie : il existe bien une sympathique « route de l'horlogerie » imaginée par l'office du tourisme, mais elle consiste à cartographier... les boutiques des marques !

Et les salons horlogers ? Il faut savoir que « Genève, capitale horlogère » n’a pas, dans l'année, une seule – pas une ! – manifestation publique horlogère ouverte aux Genevois. Les multiples salons qui permettent cette semaine à 85 marques de montres d’organiser un événement à Genève fonctionnent à guichets fermés, uniquement sur invitation. Et ne vous avisez pas d’essayer d’entrer au SIHH ou au GTE, qui se tiennent pourtant dans des lieux publics (Palexpo ou le Bâtiment des forces motrices) : ce sont des rendez-vous privés, sans la moindre journée oou le moindre horaire pendant lesquels le grand public serait admis à s'informer ou à admirer des montres. On ne va quand même pas mélanger les torchons et les serviettes : les citoyens et les résidents genevois sont priés de circuler – il n’y a rien à voir...

Une fois par an, un jour par an, ce n’est pourtant pas beaucoup demander. Ces salons seraient pourtant l'occasion d'instaurer, à Genève, une seule fois par an, une « journée de la montre » qui rassemblerait tout le monde (professionnels et grand public) autour des collections patrimoniales du canton (publiques et privées) et autour des valeurs non marchandes d'une horlogerie enracinée ici depuis plus de quatre siècles.

Ah oui, dernière précision : Genève n’est pas, et de loin, la « capitale horlogère » dont se flattent ses élus. C’est, selon le mode de calcul (chiffre d’affaires, personnel, nombre d’entreprises, etc.), soit le troisième, soit le quatrième, soit même le cinquième canton suisse dans ce domaine. C’est officiellement la seule ville suisse qui tienne à afficher son nom sur les cadrans, mais c’est aussi la ville suisse dont les élus affichent la plus grande indifférence à l’horlogerie réelle – celle des hommes et des femmes qui en vivent, qui font des montres ou qui en rêvent...

Genève, astrolabe, salons horlogers, montres, horlogerie

06 février 2010

La paresseuse bobo parade de Jacques Dutronc à l’Arena

Dutronc.jpg

Rythmes lourds pour le retour à Genève d’un Jacques Dutronc qui illustre à merveille les illusions, les vanités et les égoïsmes d’une génération de baby boomers toujours persuadée d’incarner la jeunesse du monde et son éternel printemps...

Lire la suite

01 février 2010

LES DIX-HUIT SIÈCLES DU « COUTEAU SUISSE »

 

 

article-1247230-081570E4000005DC-940_964x310.jpg

 

Victorinox n’a qu’à bien se tenir ! Les Romains pratiquaient déjà le couteau multi-lames et multi-fonctions, 1 800 ans avant nos technologies contemporaines.

 


Lire la suite

14 janvier 2010

Simple question un peu naïve : A quand une solidarité du luxe horloger avec Haïti ?

 

 

Haiti2.jpg

Alors que s’ouvre à Genève une série de salons horlogers dégoulinants de luxe, de diamants, détiquettes superlatives et de milliards insolents, ne serait-il pas normal qu’une profession aussi soucieuse de respectabilité fasse un geste (ou plusieurs) de compassion à l’égard des sinistrés caraïbes ?

Lire la suite

07 juin 2009

ENCRE NOIRE

MaxOppenheim.jpg

Montblanc édite un stylo en hommage à un dignitaire du IIIe Reich, maître-espion, archéologue et prédicateur de la « guerre sainte » chez les Arabes : une marque qui s’engage avec l’Unicef peut-elle simultanément se permettre une telle amnésie en célébrant l’Indiana Jones du Führer ?

Lire la suite

12 novembre 2008

COMMÉMORAS-LE-BOL

 on les aura.jpg

Ces Genevois ne cessent de m’épater.

Pour un Français, c’est étonnant de les voir travailler un 11 novembre, sacro-saint jour férié dans une République qui préfère allègrement sacrifier un lundi de Pentecôte plutôt que la commémoration « fériée » d’un armistice signé voici 90 ans [je n’écris pas nonante parce que cela ne m’est pas encore naturel].

Le contraste était frappant, hier, entre...

Lire la suite

04 novembre 2008

FAUSSE COLOGNOTE

ObelisqueAdor.jpgCes Genevois ne cessent de m’épater.

En particulier pour leur aptitude à régler les situations conflictuelles. Pour un Français de France, les subtilités de l’histoire genevoise sont parfois obscures. En promenade sur les bords du lac, du côté de Port-Noir, je m’arrête un instant devant l’obélisque qui marque le « débarquement des Suisses sur cette rive » en 1814 [ci-dessus].

Ah bon, mais n’était-ce pas la Suisse auparavant ? Oui et non, m’affirme-t-on : c’était encore un peu la France, et même le défunt mais pas regretté « département du Léman », Genève n’étant plus alors qu’une commune française comme les autres. Cette annexion a pris fin avec l’entrée des troupes autrichiennes – les voleurs de canons ! – en 1813 et avec le fameux débarquement des Confédérés de Soleure et de Fribourg l’année suivante. Il s'agissait d'ancrer la République de Genève à la Confédération. D’où, sans doute, les... ancres de marine qui couronnent l'obélisque, monument à vrai dire assez discret pour un événement aussi marquant pour les patriotes suisses : n’est-ce pas une forme de modestie discriminatoire de la part de ces Genevois en quête d'une intemporelle singularité culturelle ?

Parfait, mais je découvre que cette opération Overlord à la sauce genevoise n’a pas eu lieu à l’emplacement de l’obélisque, mais à quelques centaines de mètres de là, plus au nord, du côté de la Nautique. Un peu comme si on avait, toutes proportions gardées, déplacé les plages du D-Day en Normandie vers les falaises du pays de Caux. D’autant que la Nautique n’est pas en territoire genevois, mais à Cologny. Ainsi donc, les farouches patriotes helvétiques n’auraient pas libéré en priorité Genève, mais Cologny [pas d'humour déplacé : Cologny n'était pas alors le bantoustan pour milliardaires que la commune est aujourd'hui !]

Nous avons ainsi une vérité historique [Cologny, et non Genève] qui ne se traduirait pas par une vérité topographique, ni même par un témoignage patriotico-tumulaire probant [Genève, et non Cologny]. Un intéressant décalage spatio-temporel ! Sauf que les Genevois et les Colognotes sont des petits malins : pour que l’obélisque reste définitivement en terre colognote [on ne révise pas l’histoire], même après la construction du port de la Nautique et le déplacement du monument, la ville de Genève a cédé à la ville de Cologny la poignée de mètres carrés où l’obélisque est à présent érigée. On se demande tout de même pourquoi la stèle commémorative de débarquement n'est pas restée à la Nautique...

Cette enclave extra-territoriale prouve en tout cas que les talents de négociateurs des Suisses ne sont pas usurpés. On comprend mieux qu’ils aient été les acteurs des grandes organisations internationales d’après la Première Guerre mondiale. C’est à l’hôtel des Bergues de Genève, en 1921, que s’est tenu le premier dîner de gala au cours duquel des Français, des Anglais et des Allemands ont officiellement accepté de partager le même repas, qui était présidé par Gustave Ador. Celui-là même qui a donné son nom au quai sur lequel se dresse l’obélisque du débarquement. Dans cette ville, tout se tient de génération en génération…

C’est pour ça que les Genevois sont formidables.

16 octobre 2008

ALTERGENEVOIS(ES)

medium_Copie_de_collage.jpgCes Genevois ne cessent de m’épater.

Je veux parler, notamment, des Genevois « alternatifs ». Des citoyens un peu « écolos » [c’est le mot français], un peu « bios », un peu « marginaux » [par rapport à quoi, d’ailleurs ?], un peu squatteurs, un peu dissidents de l’intérieur, un peu romantiques et beaucoup en rupture avec la culture bourgeoise dominante.

Ils dessinent la carte secrète d’une Genève inconnue, bien loin des boutiques de la rue du Rhône et des salons tendus de reps vert Empire où les banquiers privés confessent leurs clients. Une Genève faite d’adresses parallèles, inconnues des guides officiels [même le Guide du routard les méconnaît], et d’échoppes improbables où se négocient des calebasses des laboureurs de l’Oubangui, des cotonnades péruviennes et des conserves de fruits miraculeux récoltés en Ouzbékistan. Une Genève « a-normale », inimaginable de l’extérieur, à mille lieues du Jet d’Eau et des palaces internationaux.

Une Genève d'anciennes usines réoccupées par des artistes conceptuels, de balcons plantés de cultures pas forcément licites et de salles de concert improvisées dont on découvre les affiches sauvages dans la rue.

Rue du Stand, une discrète épicerie de cette galaxie alternative. Petites annonces incompréhensibles pour les non-initiés, thérapeutiques exotiques, rayons de produits bios et buffet de présentation. On s’y presse à midi pour s’y offrir des salades composées vendues au gramme pour ne rien gaspiller [on pèse l’assiette avant et après son remplissage, mais chacun peut doser ses ingrédients]. Des plats arrosées de thés bizarres qui garantissent relaxation mentale et tonus musculaire . Sourires légèrement bouddhistes du personnel et des clients qui se mettent patiemment en file avant d’aller dévorer leurs légumes dans la grande salle de l’arrière-cuisine ou, s’il fait beau, dans la cour de l’immeuble. On est « en famille », dans un des relais secrets de la « grande famille » altergenevoise.

Pas de service : chacun met son couvert et son set de table, s’empare d’un verre et tranche lui-même son pain. Instants de calme et d'anti-civilisation loin des autobus qui déferlent dans la rue. Espace sans fumée évidemment [je parle du tabac], sans éclats de voix et sans préparations industrielles. En cravate ou en jupe bariolée, en socques de bois ou en cuirs griffés, les altergenevois(es) se restaurent dans le calme, en mâchant consciencieusement leurs fibres, sans la moindre pollution audiovisuelle [ce qui relève de l’exploit ailleurs dans Genève].

Qui sont-ils, ces insoumis du calvinisme, rebelles à la dictature des modes, du luxe et de la finance ? Difficile de le savoir : les altergenevois(es) semblent à la fois parfaitement intégrés et très distants. Leur désobéissance intérieure relève d’un choix de vie sans ostentation. Ils « sont ». Tout simplement. Dans cette ville, une longue tradition d’accueil tolère les réfractaires sans les parquer, ni les stigmatiser pour leur discrète sédition sociétale. Tolérance : une valeur disparue du quotidien de cette « France voisine » si volontiers donneuse de leçons sur les droits de l'homme...

C’est pour ça que les Genevois sont formidables.

13 octobre 2008

PARIS PUE-T-IL ?

ListeP201.jpgCes Genevois ne cessent de m’épater.

Ils grognent souvent, et les blogs voisins [y compris le mien] témoignent d’un esprit volontiers ronchon. Pourtant, ont-ils de vraies raisons de râler ? Sans doute, et c’est le signe d’un vigoureux esprit démocratique que de voir des citoyens se mêler de tout sans rien s’interdire. Ceci dit, un retour de week-end à Paris permet de moduler sa propre grogne et de poser quelques limites aux critiques faites à Genève.

Soyons clairs : quand on se déhabitue, Paris prend à la gorge. Et c’est un Parisien de Paris qui se permet de le dire ! L’arrivée dans la capitale est une agression olfactive dont j’avais oublié la puissance et la ténacité. Pollution automobile à la limite de l’insupportable dans les étroites rues du centre ; fumées noirâtres et malodorantes qui enveloppent les camionnettes de livraison, invariablement garées en double file, moteur allumé ; vapeurs grasses et collantes dans les bistrots qui alignent des rafales de croque-monsieur et de portions de frites à l’heure du déjeuner, sans parler des effluves généreusement dispensées, à des dizaines de mètres de distance, par les marchands de hamburgers ; inévitables « déjections canines » [on ne dit plus crottes de chien] qui empuantissent les trottoirs et transforment toute promenade lèche-vitrines en dangereux parcours du combattant ; odeurs fortes dans le métro, qui oblige chacun à mettre le nez sur l'épaule du voisin, pour le pire plutôt que le meilleur [quand se décidera-t-on à considérer qu'il est inhumain de transporter plus de passagers payants que n'en peuvent contenir les wagons] ; passons vite sur les toilettes publiques innommables [il n’y a pas d’autre mot], quoique sévèrement tarifées, et ce n’est guère mieux dans les restaurants qui ne sont pas étoilés [un conseil aux amis suisses : à Paris, réservez-vous pour les toilettes des palaces, les seules correctes]

Jamais aucun indice international n’a encore classé les grandes villes par intensité de puanteur, mais, par endroits, Paris devrait côtoyer dans ce stink-parade Istambul, Addis-Abeba et Bombay, Genève s’offrant sans doute un podium d’étincelante fraîcheur. Après quelques rayons de soleil, même la Seine ne m’a pas semblé pas très saine à respirer, et les Champs pas du tout champêtres pour ce qui est de leur bouquet. Paris a une odeur propre [tous les poètes vous le diront], mais elle n’est pas/plus propre…

Paris pue, mais les Parisiennes restent les femmes les mieux parfumées de cette planète. Faut-il y trouver un rapport de cause à effet ? Je serais à présent tenté par cette hypothèse : une forme de compensation, héritée de ces élites du XVIIe siècle, qui répugnaient à l’usage hygiénique de l’eau pour mieux s’inonder de lotions et d’élixirs aromatiques capables de masquer de terribles mais aristocratiques odeurs sui generis. Sans le sillage quasi-hallucinatoire qui enveloppe les Parisiennes lancées à grands pas sur les trottoirs, Paris serait souvent une décharge quasi-pestilentielle. Pourtant, le rêve passe vite, et les remugles retrouvent leur emprise sur les nez...

Les rues de Genève respirent le propre et les Genevoises encore plus. Elles semblent inspirées par un souci permanent de l’hygiène plus que par la magie des fragrances prestigieuses griffées par les grands parfumeurs parisiens. Genève n’a pas d’odeur. Quelques relents de fondue en Vieille Ville, des fumets de brochettes nord-africaines aux Pâquis, quelques exhalaisons de cannabis du côté des Forces motrices. Genève ne sent rien et n’impose rien aux odorats les plus exigeants. Genève joue, une fois de plus, de sa neutralité – et c’est pour le coup assez bienfaisant…

C’est pour ça que les Genevois sont formidables.