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11 février 2013

Le Swiss Made et la fraude chevaline

La France, pays de gastronomie, s'émeut plus de l'affaire des viandes de cheval que l'Angleterre. La Suisse, pays d'horlogerie, devrait se méfier des retours de bâton sur les fraudes dans la recette de ses montres...

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20 janvier 2013

Genève, capitale... strictement confidentielle de l’horlogerie

Les salons horlogers permettent aux autorités genevoises mobilisées pour la circonstance de nous resservir l’inusable couplet de la « Genève, capitale horlogère de la Suisse ». Ce qui correspond à rien dans la réalité...

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Les salons horlogers permettent aux autorités genevoises, immuablement mobilisées pour la circonstance, de nous resservir l’inusable couplet de la « Genève, capitale horlogère de la Suisse ».

Discours en copié-collé d’une année sur l’autre : la posture avantageuse des élus ne doit cependant faire oubier que la capitale horlogère en question n’a pas une seule – pas une ! – rue dédiée à un quelconque horloger, hormis le pont Hans-Wilsdorf dont nous n’aurons pas la cruauté de rappeler qu’il relève d’une initiative... privée et qu’il n’a pu être lancé sur l’Arve que grâce aux fonds privés de la fondation du même nom (propriétaire de la marque Rolex).

Et nous n'aurons pas l'indécence de rappeler que « Genève, capitale horlogère » n'a toujours pas ouvert au public le moindre musée horloger digne de ce nom, alors que la plus récente des expositions sur son patrimoine horloger a connu un brillant succès. Le seul musée de la ville capable de présenter des montres est un musée privé, créé par la maison Patek Philippe avec des fonds privés et une collection privée...

À Genève, pour les autorités, l'horlogerie est avant tout une affaire d'emplois (frontaliers ?) et de retombées économiques. La République aime bien discourir sur les montres, mais elle préfère avant tout l'argent des montres (et, une fois par an, le champagne et les petits fours des montres). Pas très étonnant que les touristes chinois – qui aiment les montres suisses – préfèrent les découvrir ailleurs en Suisse : hormis les boutiques du Rhône, rien n'est organisé pour eux par la ville. Ah si, on oublie : il existe bien une sympathique « route de l'horlogerie » imaginée par l'office du tourisme, mais elle consiste à cartographier... les boutiques des marques !

Et les salons horlogers ? Il faut savoir que « Genève, capitale horlogère » n’a pas, dans l'année, une seule – pas une ! – manifestation publique horlogère ouverte aux Genevois. Les multiples salons qui permettent cette semaine à 85 marques de montres d’organiser un événement à Genève fonctionnent à guichets fermés, uniquement sur invitation. Et ne vous avisez pas d’essayer d’entrer au SIHH ou au GTE, qui se tiennent pourtant dans des lieux publics (Palexpo ou le Bâtiment des forces motrices) : ce sont des rendez-vous privés, sans la moindre journée oou le moindre horaire pendant lesquels le grand public serait admis à s'informer ou à admirer des montres. On ne va quand même pas mélanger les torchons et les serviettes : les citoyens et les résidents genevois sont priés de circuler – il n’y a rien à voir...

Une fois par an, un jour par an, ce n’est pourtant pas beaucoup demander. Ces salons seraient pourtant l'occasion d'instaurer, à Genève, une seule fois par an, une « journée de la montre » qui rassemblerait tout le monde (professionnels et grand public) autour des collections patrimoniales du canton (publiques et privées) et autour des valeurs non marchandes d'une horlogerie enracinée ici depuis plus de quatre siècles.

Ah oui, dernière précision : Genève n’est pas, et de loin, la « capitale horlogère » dont se flattent ses élus. C’est, selon le mode de calcul (chiffre d’affaires, personnel, nombre d’entreprises, etc.), soit le troisième, soit le quatrième, soit même le cinquième canton suisse dans ce domaine. C’est officiellement la seule ville suisse qui tienne à afficher son nom sur les cadrans, mais c’est aussi la ville suisse dont les élus affichent la plus grande indifférence à l’horlogerie réelle – celle des hommes et des femmes qui en vivent, qui font des montres ou qui en rêvent...

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04 novembre 2012

Les montres suisses à la poubelle ne choquent personne...

C'est beau, c'est grand, c'est généreux, la Suisse.

Je suis quand même épaté qu'une campagne de publicité suisse, financée par des fonds publics suisses, organise l'abandon dans une benne à ordures des montres, des horloges et des coucous suisses sans que personne ne proteste...

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02 novembre 2012

Foutez-moi donc toutes ces montres suisses à la poubelle !

Une campagne de publicité financée par les services touristiques de la Confédération recommande de balancer à la poubelle toutes les montres et toutes les horloges du pays.

Si c'est de l'humour suisse, de quel canton, qu'on rigole un peu ?

Les 40 000  employés de l'industrie horlogère vont trouver la blague un peu saumâtre...

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12 octobre 2011

Non merci, gardez la monnaie !

Gare de Lyon, pas d'euros en poche, vite, un guichet de change pour pouvoir payer le taxi...

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07 octobre 2011

Faut-il baisser son pantalon au point de gommer la croix suisse de nos montres ?

PETITS RENONCEMENTS ENTRE AMIS – ET GRANDES LÂCHETÉS ENTRE DHIMMIS

Drapeau suisse.jpgQuelques marques horlogères suisses ont commencé à retirer les croix suisses de leurs logos : il ne faudrait pas, craignent-elles, froisser la sensibilité des Musulmans dans les pays arabes. Une reculade éthiquement choquante. Et une démission identitaire stratégiquement aberrante...

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25 novembre 2010

De plus en plus fou : même L'Aiguille d'Or du Grand Prix d'Horlogerie de Genève est « Made in China » !

Révélé recemment, le gag de la "montre chinoise" (très bas de gamme) offerte aux jurés du Grand Prix d'Horlogerie de Genève serait bénin, si les responsables de ce Grand Prix n'aggravaient maintenant leur cas : même l'Aiguille d'Or, le trophée qui se veut réservé au meilleur des meilleurs horlogers du monde, est "Made in China". Là, c'est la mascarade et on se paie vraiment notre tête... Au secours !

 

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Avec les paillettes et les girls emplumées du final (on parle des danseuses), l'industrie chinoise
s'invite parmi les membres du jury à travers le trophée Made in China (au centre, sur son podium).
Les Chinois n'auraient pas rêvé mieux. Le Grand Prix l'a fait...

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22 novembre 2010

L'horlogerie suisse offre des montres Made in China aux jurés du Grand Prix de Genève

Défense de rire : pour le Grand Prix d'Horlogerie de Genève, on a offert aux membres du jury international une montre érotique Made in China ! Qui se moque de qui dans cette affaire ? Et qui cautionne ce genre de pitreries ?

 

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01 février 2010

LES DIX-HUIT SIÈCLES DU « COUTEAU SUISSE »

 

 

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Victorinox n’a qu’à bien se tenir ! Les Romains pratiquaient déjà le couteau multi-lames et multi-fonctions, 1 800 ans avant nos technologies contemporaines.

 


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04 janvier 2010

La croix suisse dans le collimateur des méchants

 

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Des mésaventures – parfois violentes – qu’une plaque d’immatriculation suisse peut provoquer hors de Suisse...

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13 octobre 2009

UN VRAI TRIBUN POPULISTE PEUT-IL PORTER DES FAUSSES MONTRES ?

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Eric Stauffer, vainqueur (avec le MCG) des récentes élections genevoises, parade avec une fausse Panerai au poignet : peut-on affirmer qu'on défend les emplois suisses et se rendre complice des contrefacteurs qui détruisent des emplois dans l'industrie horlogère ? Ceci n'est pas une prise de position politique, mais une simple question de bon sens et de logique : comment dit-on "faux et usage de faux" à Genève ?

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09 mai 2009

BIAIS MARIN

 

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On se demande ce qui peut pousser les plus grands marins du monde à partir à l’abordage de la Nautique de Genève. Premiers assauts ce week-end avec le Grand Prix Corum : mais qu'est-ce qu'ils ont tous à vouloir tremper leur maillot dans le Léman ?

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02 mai 2009

APORCALYPSE

 

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Plus un masque anti-grippe porcine dans les pharmacies genevoises et déjà un marché noir de médicaments anti-virus : qu’en aurait pensé Calvin ?

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30 avril 2009

SAFARIRE

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Les chacals sont de retour en Suisse. Les charognards aussi. Et pas seulement dans les banques…

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28 novembre 2008

BOUTE-EN-TRAIN

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Ces Genevois ne cessent de m’épater.

Surtout quand il leur arrive quelque chose d’inhabituel. Hier soir, accident sur une ligne des CFF, quelque part du côté d’Yverdon. Tout est bloqué à la hauteur de Neuchâtel et il faut passer par...

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05 novembre 2008

MACRO-ONDES

2771923676_fafb625872_o.jpgCes Genevois ne cessent de m’épater.

Surtout quand ils se mobilisent. On voit tout à coup circuler une énergie collective assez étonnante et on sent battre le cœur d’une très ancienne culture d’indépendance et de liberté d’expression. Ce sont peut-être des grands mots, mais – pour un œil extérieur – c’est assez remarquable dans l’affaire de la concession refusée à la radio genevoise One FM.

Je précise que je ne suis pas (encore) auditeur de cette radio privée, ayant beaucoup de mal à ne plus écouter les radios françaises, tant sur les ondes que par Internet. Je ne pensais d’ailleurs pas qu’il était aussi difficile de changer d’habitudes radiophoniques : on se fait plus au changement de presse quotidienne qu’à celui de la presse audiovisuelle. Donc, je n’ai pas le moindre parti-pris en faveur ou en défaveur de One FM.

Ce qui me frappe, c’est la flambée de solidarité autour de cette station, dont on m’assure qu’elle est, avec ses 100 000 auditeurs quotidiens, la première à Genève. Pourquoi pas ? Et je vois le président du Conseil d’Etat genevois, et le procureur général, et les mouvements politiques de tout bord [ou presque : apparemment, la gauche n’est pas au rendez-vous], et même les responsables des transports publics genevois se mobiliser pour clamer leur attachement à One FM.

C’est d’autant plus étonnant que la décision que le refus d’accorder une nouvelle concession à One FM émane d'un Office fédéral de la communication, dont l’autorité me semblait a priori supérieure à celle des décideurs genevois.

Les attendus politico-administratifs de cette décision m’ont paru assez burlesques, une porte-parole de l’Office en question expliquant en substance qu’un bon dossier administratif présenté par une radio sans audience valait largement un moins bon dossier proposé par une station leader régional : là, j’avoue, c’est très fort ! Berne attribue donc les fréquences sans tenir compte du taux d’écoute [gage objectif de pertinence socio-économique], mais sur la base d’obscurs critères bureaucratiques : un magnifique exemple de respect des « usagers »…

Je n’imagine pas, en France, un exécutif régional prendre fait et cause contre une décision de l’administration parisienne et partir en campagne, tous étendards déployés, contre l’exécutif central. Eh bien, en Suisse, ça se fait. Et, à Genève, ça passionne les élites au nom de principes démocratiques qui dépassent infiniment les seuls intérêts d’une station de radio, aussi écoutée soit-elle. Peut-être aussi au nom d'une exception culturelle genevoise et d'une autonomie dont on ressent la sourde revendication dans la plupart des domaines…

C’est pour ça que les Genevois sont formidables.

04 novembre 2008

FAUSSE COLOGNOTE

ObelisqueAdor.jpgCes Genevois ne cessent de m’épater.

En particulier pour leur aptitude à régler les situations conflictuelles. Pour un Français de France, les subtilités de l’histoire genevoise sont parfois obscures. En promenade sur les bords du lac, du côté de Port-Noir, je m’arrête un instant devant l’obélisque qui marque le « débarquement des Suisses sur cette rive » en 1814 [ci-dessus].

Ah bon, mais n’était-ce pas la Suisse auparavant ? Oui et non, m’affirme-t-on : c’était encore un peu la France, et même le défunt mais pas regretté « département du Léman », Genève n’étant plus alors qu’une commune française comme les autres. Cette annexion a pris fin avec l’entrée des troupes autrichiennes – les voleurs de canons ! – en 1813 et avec le fameux débarquement des Confédérés de Soleure et de Fribourg l’année suivante. Il s'agissait d'ancrer la République de Genève à la Confédération. D’où, sans doute, les... ancres de marine qui couronnent l'obélisque, monument à vrai dire assez discret pour un événement aussi marquant pour les patriotes suisses : n’est-ce pas une forme de modestie discriminatoire de la part de ces Genevois en quête d'une intemporelle singularité culturelle ?

Parfait, mais je découvre que cette opération Overlord à la sauce genevoise n’a pas eu lieu à l’emplacement de l’obélisque, mais à quelques centaines de mètres de là, plus au nord, du côté de la Nautique. Un peu comme si on avait, toutes proportions gardées, déplacé les plages du D-Day en Normandie vers les falaises du pays de Caux. D’autant que la Nautique n’est pas en territoire genevois, mais à Cologny. Ainsi donc, les farouches patriotes helvétiques n’auraient pas libéré en priorité Genève, mais Cologny [pas d'humour déplacé : Cologny n'était pas alors le bantoustan pour milliardaires que la commune est aujourd'hui !]

Nous avons ainsi une vérité historique [Cologny, et non Genève] qui ne se traduirait pas par une vérité topographique, ni même par un témoignage patriotico-tumulaire probant [Genève, et non Cologny]. Un intéressant décalage spatio-temporel ! Sauf que les Genevois et les Colognotes sont des petits malins : pour que l’obélisque reste définitivement en terre colognote [on ne révise pas l’histoire], même après la construction du port de la Nautique et le déplacement du monument, la ville de Genève a cédé à la ville de Cologny la poignée de mètres carrés où l’obélisque est à présent érigée. On se demande tout de même pourquoi la stèle commémorative de débarquement n'est pas restée à la Nautique...

Cette enclave extra-territoriale prouve en tout cas que les talents de négociateurs des Suisses ne sont pas usurpés. On comprend mieux qu’ils aient été les acteurs des grandes organisations internationales d’après la Première Guerre mondiale. C’est à l’hôtel des Bergues de Genève, en 1921, que s’est tenu le premier dîner de gala au cours duquel des Français, des Anglais et des Allemands ont officiellement accepté de partager le même repas, qui était présidé par Gustave Ador. Celui-là même qui a donné son nom au quai sur lequel se dresse l’obélisque du débarquement. Dans cette ville, tout se tient de génération en génération…

C’est pour ça que les Genevois sont formidables.

03 novembre 2008

IN CALVINO VERITAS

CALVINMASQUE.jpgCes Genevois ne cessent de m’épater.

Leur instinct marchand finit toujours par prendre le dessus, tant chez mon concierge qui tire profit du moindre espace de services à occuper que chez ceux qui préparent le cinq-centième anniversaire de Jean Calvin [année Calvin09 : www.calvin09.org].

Pour réformer les papilles, nous aurons donc un chocolat Calvin09 (grand cru sauvage de Bolivie et cocktail d’épices) et la tasse Calvin09 en faïence. Sans oublier le riesling de Franconie sympathiquement baptisé In Calvino Veritas, avec un flacon à  pour la touche rétro : ivresses mystiques garanties à partir de 25 euros [le site nous assure que Calvin aimait les bons vins]. Nous devrions même avoir, ce printemps, des cuvées spéciales de vins genevois à la mémoire du Réformateur.

Pour amuser les enfants, il y aura même un masque en carton Jean Calvin [ci-dessus : heureusement qu’Halloween est derrière nous !] : un peu étrange pour servir la mémoire de quelqu’un qui a toujours combattu le culte des images et des reliques…

Les organisateurs de Calvin09 clament haut et fort leur volonté de donner une autre image du « Réformateur mal-aimé ». Je cite : « Rarement un homme fut aussi caricaturé, voire calomnié que Calvin ». Genève combat donc la « rigueur excessive » et « l’intolérance en contradiction avec le message évangélique » par le merchandising : intéressant…

Calvin, le « pape de Genève », avait souhaité qu’on ne puisse même pas identifier sa tombe : une promenade au cimetière de Plainpalais [Genevois rien venir du 09 octobre dernier] suffit pour comprendre que ses dernières volontés sont restées lettre morte. Il est vrai qu’il n’était pas natif de Genève, mais de Noyon, en Picardie (France). Ce n’était tout de même pas à un immigré de dicter sa loi aux autorités de la ville !

C’est pour ça que les Genevois sont formidables.

01 novembre 2008

FRANCHE NEIGE

flocon_nb.gifCes Genevois ne cessent de m’épater.

La nuit a repoudré de blanc les lignes de crête qui entourent Genève. Cette année, la neige fait son apparition dès la fin octobre, mais on m’annonce que ce n’est pas si exceptionnel que je le croyais : parfait pour mon premier hiver genevois !

Le plus surprenant reste l’apparent niveau d’impréparation dans les transports publics. Renseignements pris à Cornavin, les chemins de fer suisses [en général d’une ponctualité exemplaire] m’ont semblé sérieusement perturbés dès qu’il s’agissait de quitter Genève pour les grandes villes alémaniques. Comme on m’avait sérieusement déconseillé de prendre la route de ces lointains cantons sans les « pneus d’hiver » de rigueur, comment faire ?

A propos de ces « pneus d’hiver » [encore une expérience initiatique pour un Parisien], impossible d’en faire poser  la moindre paire dans un garage genevois : la liste d’attente est déjà longue et impossible de caler un rendez-vous avant une à deux semaines. Comment faire ?

Je m’imaginais les Suisses lourdement outillés pour déblayer les routes, balayer les voies ferrées et parer aux dangers du pilotage hivernal. Je les découvre très… français dans une certaine imprévoyance et dans les réactions de leurs responsables : « Les branches des arbres sont trop mortes ; la neige est trop en avance ; les flocons sont trop lourds ; la nature est trop méchante ! »

Qu’il neige en Suisse, et si près de Genève qu’on m’annonce l’ouverture des premières pistes à luge au pied du Salève, n’est pas vraiment inattendu. Que tous les Genevois semblent s’être donné rendez-vous précisément cette semaine chez leurs marchands de pneus m’étonne davantage. Peut-être sentent-ils, comme certains animaux arctiques, que l’hiver s’annonce rude et qu’il est temps de se préparer matériellement à une longue hibernation…

C’est pour ça que les Genevois sont formidables.

30 octobre 2008

PEAU D'OUANE

image021(1).pngCes Genevois ne cessent de m’épater.

Surtout les douaniers. Avez-vous remarqué, en franchissant la ligne de démarcation franco-suisse, que ce soit en voiture, en train ou en avion, à quel point les gardiens des frontières helvétiques sont peu envahissants et généralement pas curieux du tout ? Un coup d’œil sur le passeport leur suffit, de nuit [quand ils sont à leur poste] comme de jour. Et encore, pas toujours, loin de là ! Cette bonhomie est plutôt rassurante pour les libertés individuelles, dont la première est d’aller et venir sans contraintes abusives.

Quelques mètres plus loin, les douaniers français nous attendent de pied ferme : avec la même voiture, en descendant du même train ou en quittant le même avion, c’est systématiquement un tout autre accueil.

Qu’on entre ou qu’on sorte de France : suspicion des regards, questions indiscrètes, reniflements de la brigade canine anti-drogue, inspection des coffres et des bagages, voire fouilles corporelles et analyses détaillés des agendas professionnels. Il paraît que les douaniers français et les policiers des frontières ont tous les droits ; je ne sais pas, mais, en tout cas, ils prennent un malin plaisir à les exercer pleinement. Comme disent les jeunes, « ils se la jouent grave ».

Entre les deux postes-frontières, le contraste est aussi frappant qu’immédiatement sensible : le citoyen libre se mue en suspect potentiel l’espace de deux ou trois enjambées. A croire que toute entrée ou sortie du territoire national est une grave menace pour la sécurité intérieure, les finances publiques et le nouvel ordre mondial. Le Rideau de fer a survécu !

Les premières fois, quand on est encore habitué au caporalisme hexagonal, ça ne surprend pas. Après quelques semaines de liberté non surveillée en zone helvétique, le ton comminatoire et la défiance systématique des bureaucrates tricolores deviennent vite agaçants, pesants et même insuportables. Surtout quand on a rien à déclarer. Surtout quand le fonctionnaire-œil de lynx psalmodie la liste interminable de ce qu’il ne faudrait pas avoir sur soi pour aborder ou abandonner ce pays de cocagne français, où l’on estime louche de franchir la frontière avec 10 000 euros sur soi…

Ces gabelous inquiets sont les témoins de l’inquiétant climat mental d’une nation paranoïaque devenue tout aussi inquiétante. « Rien à déclarer » ? Contrainte et coercition par là, fluidité et respect par ici. Qui a peur de qui et qui fait peur à qui ? La liberté et la prospérité doivent être des maladies contagieuses, dont il faut à tout prix immuniser ceux qui sont restés du mauvais côté…

C’est pour ça que les Genevois sont formidables.