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11 septembre 2018

Les gueux sont tombés sur la tête

Le prix moyen des montres présélectionnées pour le Grand Prix d'Horlogerie de Genève 2018 frôle les 150 000 francs suisses. De qui se moque-t-on ? Histoire de rire un peu, rappelons que ce GPHG est reconnu « d’utilité publique » et qu’il appartient aux autorités de la ville et du canton de Genève...

GPHG 2018, grand prix d'horlogerie de Genève,


En 2017, le prix moyen des montres présélectionnées par le GPHG (Grand Prix d’Horlogerie de Genève) était déjà, en soi, scandaleux : 148 000 francs suisses ! Le prix moyen des montres qui avaient été primées était ensuite monté à 183 000 francs suisses. Ridicule ! Cette année, on est parti pour battre un nouveau record dans l'ahurissement : presque 150 000 francs suisses pour le prix moyen des 72 montres présélectionnés par les jurés du GPHG. On marche sur la tête : alors que l’horlogerie des « gueux » et des « besogneux » – vous, moi, nous – affiche pour les montres vendues en Suisse des prix moyens qui ne dépassent guère les 1 500-2 000 francs suisses, l’horlogerie des « précieux » et des « fastueux » – disons même des « ruineux » – ajoute deux zéros à ce montant...

C’est évidemment un signal désastreux que l’horlogerie genevoise envoie au monde entier, en confirmant ainsi son inaccessibilité chronique et son caractère totalement déconnecté de la vraie vie. Alors qu’une marque de montres connectées comme Apple a pu devenir, en moins de trois ans, le « premier-horloger-du-monde », devant Rolex [en volume comme en valeur], et alors que les géants de la smartwatch vendent désormais chaque année deux à trois fois plus de montres que tous les horlogers suisses réunis, il vaudrait mieux ne pas trop jouer avec ce genre d’affect. Ce prix moyen scandaleux est aussi un message douteux pour le respect que les Genevois devraient avoir pour la chose horlogère. Le jour où les montres suisses ne seront plus que des jouets coûteux pour milliardaires capricieux [est-ce vraiment ce que le GPHG  veut faire comprendre ?] et pour émergents exotiques, l’industrie des montres sera inéluctablement condamnée, à Genève comme en Suisse, et il faudra reconvertir des milliers d’emplois...

On aimerait que les autorités genevoises, toujours promptes à évoquer avec émotion « Genève, capitale mondiale de l’horlogerie » [ce que la ville n’est en rien], adoptent enfin une stratégie cohérente pour leur industrie horlogère et pour le Grand Prix d’Horlogerie, qui devrait en être le fleuron annuel et le repère international. Avec de tels prix moyens, on décourage au lieu d’encourager...

••• Article complet : Business Montres du 10 septembre

GPHG 2018, grand prix d'horlogerie de Genève,

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