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06 juin 2018

Le conseil municipal de Genève sera présidé par un ex-horloger

Genève, capitale horlogère ? On a trop souvent déploré l’absence de tout horloger non seulement dans l’exécutif, mais aussi dans le législatif du canton pour ne pas se féliciter de voir un ancien horloger-rhabilleur présider le conseil municipal de la ville. C’est toujours ça…

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Petit rappel utile : pas un seul professionnel de l’horlogerie parmi les 100 nouveaux élus du Grand Conseil de Genève (l’assemblée législative de la République et canton de Genève), et pas une seul, forcément, par les sept élus du « gouvernement » ! Comme il n’y avait que quatre candidats issus de l’horlogerie sur les 623 noms proposés par les 13 listes soumises aux électeurs, cela ne faisait guère qu’une chance sur 155 de voir les intérêt horlogers pris en compte au plus haut niveau par un « professionnel de la profession » (décompte Business Montres du 9 avril). Ça faisait désordre pour une métropole dont les élus ne cessent de répéter qu’elle est la première métropole horlogère suisse [ce qui est faux] et la « capitale internationale de la belle horlogerie [ce qui est encore plus faux]

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On ne peut donc qu’applaudir des deux mains quand on découvre qu’un horloger-rhabilleur de formation (CFC), diplômé en microtechnique, Éric Bertinat (élu UDC, ci-dessus), soit pour un an le nouveau président du conseil municipal de la ville. C’est un bon point pour Genève et cela pourra peut-être accélérer la réponse à apporter au ridicule dont se couvre une « capitale horlogère » qui n’a même pas de musée d’horlogerie à proposer à ses visiteurs ! Peut-être Éric Bertinat pourra-t-il également pousser à la roue pour que Genève formule enfin de façon satisfaisante un concept de « grand salon horloger de référence » pour les grandes marques genevoises – en parallèle au SIHH et à Baselworld, ou même en solo…

Certes, Éric Bertinat n’est pas un élu tout-à-fait comme les autres, mais on ne peut qu’aimer son franc-parler et son non-conformisme politique, qui lui a déjà valu l’attention [généralement malveillante] des vestales du politiquement correct et des chaisières de la pensée unique. C’est sûr : il est patriote, conservateur, catholique et pour le moins islamosceptique, voire pire encore – bref, un odieux « populiste » comme le répète le bas-clergé médiatique ! Admettons que la défense des intérêts horlogers a plus de chances d’être mieux servie par une « grande gueule » que par un médiocre tièdement consensuel !

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Tiens, au fait, cher Monsieur le nouveau président du conseil municipal de la ville  de Genève, jetez donc un coup d’œil sur la « question écrite urgente » par le député PDC Bertrand Buchs au nouveau Conseil d’État, à propos des élèves de l’École d’horlogerie de Genève, dont pas un seul n’a trouvé de travail dans le canton à sa sortie de l’École (Business Montres du 28 mai) et sur les mesures qu’il serait utile de prendre pour mieux protéger l’horlogerie genevoise. Non seulement vous y connaissez quelque chose [c’est déjà un progrès], mais, surtout, vous pourriez peut-être y faire quelque chose et appuyer, avec le poids de la ville, d’éventuelles décisions du Conseil d’État dont le nouveau président, Pierre Maudet, ne manque jamais de rappeler à quel point il est attaché à l’idée d’une « Genève capitale horlogère ». Avouez qu’une capitale qui ne sait pas employer les horlogers qu’elle forme, là encore, ça fait désordre…

 

••• Texte original : Business Montres du 6 juin

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