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21 février 2018

Si on comprend bien, il n'y a que 1 chance sur 623 pour que l'horlogerie soit représentée au Grand conseil de Genève

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Autoproclamée « capitale internationale de l’horlogerie », Genève a toujours préféré l’argent des montres aux intérêts de l’industrie des montres. À deux mois de l’élection des futurs 100 députés du Grand conseil de la République et canton de Genève, on ne compte qu’un seul « horloger » sur les 623 candidats en piste. Et pas un seul dans les 31 candidats au Conseil d’État. Soit 1 chance sur 654... On se moque de qui ?


Pour cette élection du Grand Conseil (législatif cantonal) qui se tiendra le 15 avril 2018, il s’agit d’élire à un scrutin proportionnel aménagé une assemblée de 100 députés, choisis parmi les 623 candidats inscrits sur 13 listes officiellement présentées. On procèdera le même jour à l’élection des sept membres du Conseil d’État (gouvernement cantonal, dont les membres sont choisis parmi 31 candidats) cette fois à un scrutin majoritaire aménagé, susceptible d’un second tour le 6 mai si moins de sept candidats se dégagent de ce premier tour.

Jusqu’à plus ample informé et dans l’attente de nouvelles précisions, il apparaît qu’un seul des 623 candidats appartient effectivement à la communauté professionnelle de l’horlogerie [nous espérons nous tromper et repérer les noms d’autres professionnels de la montre]. Cet horloger n’est autre que Patrick Wehrli, 39 ans, inscrit sur la liste PDC (Parti démocrate-chrétien, centre plutôt droit), formé à l’établi aux techniques de l’horlogerie autant que formateur international au service des marques. Né dans une famille d’horlogers (son père a longtemps été le conservateur du musée Audemars Piguet de la vallée de Joux), excellent connaisseur du tissu horloger suisse et infatigable animateur de la Société des horlogers de Genève, Patrick Wehrli (ci-dessous) est forcément très sensible aux questions qui touchent à l’emploi horloger : s’il est élu au Grand conseil, sa voix sera bien la seule à porter les intérêts de toute l’horlogerie à Genève…

Un seul « horloger » sur 623, c’est un peu ridicule pour une ville comme Genève, qui s’auto-proclame volontiers « capitale internationale de l’horlogerie », alors qu’elle n’est même pas au premier rang suisse pour la création de richesses, ni au premier rang des cantons et des métropoles suisses pour les emplois ou le nombre d’entreprises en activité. Pas un seul – pas un ! – des 31 candidats au futur Conseil d’État (le gouvernement cantonal de Genève) n’est issu du sérail horloger : ça fait désordre et un peu nul pour une « métropole horlogère » qui se flatte d’être une référence mondiale ! Ceci alors même que l’État de Genève gère des institutions stratégiques pour l’industrie horlogère, comme Timelab et le Poinçon de Genève ou le Grand Prix d’Horlogerie de Genève (dont la ville est propriétaire). Sans parler du contrôle partiel sur le SIHH (via Palexpo) et sur le futur mais improbable musée d’horlogerie (MAH)…

Dans l’actuel Grand Conseil, sur les 100 députés, on ne compte pas un seul horloger actif. Un seul, le député MCG Francisco Valentin, peut se flatter d’avoir fait son apprentissage de bijoutier chez Chopard, mais il n’est plus dans la branche depuis trois lustres puisqu’il s’est reconverti comme fonctionnaire de la police judiciaire genevoise. Dans le futur Grand Conseil élu en avril, une seule voix sur 100 députés (s’il est élu), ce sera un peu juste pour sensibiliser les élus de ce Grand Conseil à l’urgence de régler le problème des travailleurs frontaliers, de développer l’École d’horlogerie, d’encourager les « jeunes pousses » indépendantes de l’horlogerie, d’accélérer la création d’un vrai musée d’horlogerie ou de mettre en place, à Genève, un grand salon horloger international de référence, en parallèle au SIHH. Au moins, lors d'élections passées, on avait vu quelques employés de Rolex s’inscrire sur la liste MCG, mais il est vrai que c’était plus par instinct de rébellion contre leurs supérieurs hiérarchiques (frontaliers français !) que par goût de la politique locale…

Heureusement, en attendant la révélation éventuelle d’autres candidats horlogers [que ceux-ci nous fassent part de leurs liens directs avec l’industrie des montres], les subtilités de la loi électorale genevoise permettront peut-être à Patrick Wehrli d’émerger au-delà de son appartenance au PDC et donc d’être élu pour défendre les intérêts de toute l’horlogerie. C’est très simple : pour que l’horlogerie soit dignement représentée au parlement genevois, il suffit à tout électeur genevois d’ajouter le nom de « Patrick Wehrli » en bas de la liste pour laquelle il va voter, quelle que soit la couleur politique de cette liste [pour la liste MCG, qui compte, contrairement aux 12 autres listes, les 100 candidats nécessaires, il suffira de biffer un de ces noms pour ajouter celui de « Patrick Wehrli »]. Nous souhaiterions évidemment qu’il y ait d’autres candidats horlogers et, si on nous les signale, nous serons heureux de leur donner le même coup de main…

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••• TEXTE ORIGINAL : Business Montres (21 février 2018)

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