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13 novembre 2016

183 000 francs par montre promue par la ville de Genève : on croit rêver…

La Fondation pour le Grand Prix d’Horlogerie de Genève est le bras armé horloger de la ville de Genève et de la République et Canton de Genève. Donc, un « machin » on ne peut plus officiel. Prix moyen des quinze montres récompensées en 2016 par ce Grand Prix : 183 000 francs. Pierre Maudet s’en félicite ! Cherchez l’erreur, alors que l’horlogerie genevoise annonce plusieurs centaines de licenciements dans les mois qui viennent…

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183 000 francs pour la moyenne des montres récompensées par le Grand Prix d'horlogerie (GPHG) de Genève : imagine-t-on les autorités de Genève faire officiellement la promotion d'une voiture qui vaudrait 100 fois le prix de la voiture de M. Tout-le-Monde ? Pas vraiment… Pierre Maudet, notre ministre de l'Économie, n’en est pas moins monté à la tribune du GPHG pour se féliciter des « valeurs » mises en scène par ce Grand Prix de Genève. Vous avez dit « valeurs » ? Ceci au moment où les marques horlogères du canton annoncent plusieurs centaines de licenciements, peut-être même un ou deux milliers pour 2017…

Ce GPHG est contrôlé par une Fondation gérée conjointement par la ville de Genève, la République et Canton de Genève, le laboratoire Timelab (également contrôlé par les autorités genevoises) et diverses institutions professionnelles. Autant dire qu’il s’agit d’un Grand Prix on ne peut plus officiel. Le tout est de savoir si les prix décernés, cette semaine, au Théâtre du Léman, envoient le bon message au grand public et si ce message est tout simplement décent et moral pour les autorités genevoises. Pas sûr...

•• Quinze montres primées, dont le total serait facturé 2,75 millions de francs rue du Rhône, soit un prix moyen de 183 000 francs, plus de cent fois le prix moyen d’une montre vendue en Suisse : la ville de Genève veut-elle nous faire comprendre que les montres suisses sont décidément inaccessibles au grand public et que l’horlogerie vit sur une autre planète ?

••• Sur ces quinze montres, seules quatre sont genevoises, les autres venant d’autres cantons suisses, à l’exception d’une montre hollandaise : veut-on nous faire admettre que Genève n’est plus la capitale de l’horlogerie qu’elle s'imagine encore être restée ?

••• La moitié de ces quinze montres sont des rééditions plus ou moins fidèles de montres du passé : s’agit-il de nous faire comprendre que cette horlogerie a perdu sa créativité et qu’elle ne croit plus à son avenir qu’en regardant dans le rétroviseur ?

••• La moitié de ces quinze montres a été lancée par de petits ateliers (qui ne produisent que quelques dizaines, voire quelques centaines de pièces par an), alors que les marques récompensées ne figurent pas dans le Top 20 des grandes marques suisses, à quatre exceptions près sur treize maisons : serait-ce pour acter le déclin irréversible des grandes marques genevoises, qui licencient leur personnel à tour de bras ?

Trop cher, trop marginal, trop peu créatif : un hyper-luxe post tenebras ! Que viennent faire les autorités de Genève dans cette galère et pourquoi soutiennent-elles encore un Grand Prix devenu aussi dangereux pour l’image de l’horlogerie suisse ? Il serait temps de rendre ce Grand Prix à la profession et aux marques horlogères venues de tous les cantons, pour en faire un Grand Prix de l’horlogerie suisse, seul capable de fédérer toutes les marques, celles du Top 20 comme celles des micro-ateliers créatifs. Rendez les clés d'un GPHG qui vous dépasse, MM. les élus !

Grand prix d'horlogerie de Genève, Pierre Maudet,

••• Pour en savoir plus : Business Montres du 10 novembre et Business Montres du 12 novembre

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