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29 mai 2013

SWATCH GROUP : Une bonne montre et un bon buffet font les bons actionnaires – ceux qui ne posent pas les bonnes questions...

Et pourtant, il y en aurait des questions à se poser sur le rapport d'activités 2012 du Swatch Group ! Contestataires de tous les pays, passez votre chemin !

Pour ceux qui n'y étaient pas, un compte-rendu de l'assemblée générale ordinaire des actionnaires du Swatch Group, en se posant cette fois quelques vraies questions, notamment le fait que les stocks non vendus atteignent maintenant la valeur de la moitié du chiffre d'affaires annuel...

Swatch Group, Nick Hayek, Nayla Hayek, Schwyzerdütsch



C'est l'attraction du jour, un des seuls spectacles biennois qui soit capable de faire confluer vers le Palais des Congrès de Bienne une foule de respectables actionnaires des deux sexes, sous une mer de parapluies incapables de contenir la pluie qui défigure ce printemps 2013. C'est bien à l'assemblée générale du Swatch Group – de « leur » Swatch Group, celui où ils ont placé une partie de leurs économies – qu'ils se rendent, et même qu'ils se pressent, dans une salle si vide comblée qu'elle déborde sur une immense tente intérieure qui sera très vite remplie, elle aussi. Cheveux plus blancs que gris, dans un style vestimentaire plus gris que blanc [sans doute un effet de la météo], ils ont l'allure de tous ces retraités européens du baby boom qui n'en finissent plus de profiter d'une retraite bien préparée du temps des Trente Glorieuses...

Le rituel est bien rôdé. Arriver tôt pour avoir une place assise. Se montrer du doigt les responsables du Swatch Group qui passent par la salle pour venir se claquer la bise au premier rang. Admirer la montre Swatch – belle pièce, bien rouge – qui est remise à chaque actionnaire en même temps que le rapport d'activités, en prenant soin de la laisser dans son emballage d'origine puisqu'il s'agit d'une série limitée spécialement préparée pour cette assemblée générale [ce sera longuement souligné par les dirigeants du groupe] et qu'il est bien connu que de telles séries limitées prennent beaucoup de valeur dans le temps – ce dont personne ne doute ici, sauf quelques experts probablement aigris. Patienter pendant les discours en se préparant pour le rush final vers les buffets, une heure et demie pile après l'ouverture de débats qui n'auront pas lieu : ce n'est quand même pas parce qu'on vous donne la parole qu'il faut la prendre ! Se précipiter alors sur le buffet – les « panthères grises » se font redoutables – pour profiter jusqu'au bout de la fête : après tout, pour une action qui se négocie autour de 450 francs suisses, la rente consiste à empocher une dizaine de francs de dividendes annuels, en plus d'une montre neuve tous les printemps et d'un généreux buffet où on retrouve tous ses copains. Un vrai placement de père de famille !

Nick Hayek, qui est arrivé avec une demi-heure d'avance, le sait bien. C'est le temps qu'il lui faut pour bien capter les regards, histoire de sentir l'ambiance, pour serrer les mains et pour biser les dames. S'il se montre, ce n'est pas un problème d'égo, ni une envie de briller, juste le plaisir de dompter la salle et de dominer le sujet. Bien ajusté dans une de ces vestes-blousons en toile qu'il affectionne, les manches retroussées, il a le sourire félin et la mine réjouie. L'assistance déjà frémissante d'impatience...

La suite (décodage du Schwyzerdütsch, chose vues et analyses économiques) dans Business Montres & Joaillerie, médiafacture d'informations horlogères depuis 2004...

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