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20 juin 2012

Genève compte une des boutiques les plus bizarres d'Europe

Les Genevois ont pour tradition d'affirmer qu'ils s'ennuient dans leur ville. On y trouve pourtant une des boutiques les plus décalées d'Europe, capables de vendre des montres comme on n'en voit jamais ailleurs, des casques de scaphandrier et des ampoules électriques. C'est la malle au trésor de Maximilian Büsser...

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Presque au pied de la Vieille Ville, un objet commercial non-identifié : la MAD Gallery (rue Verdaine, 11). MAD pour Mechanical Art Device et Gallery pour galerie : quand on est tendance, on parle globish sous peine de passer pour un campagnard ! Dès qu'on regarde la vitrine, on comprend tout de suite qu'on est ailleurs : il y a peu, un androïde japonais vous fixait du regard et vous saluait de sa main gantée de montres. Inquiétant. Aujourd'hui, on admire des petites machines à vapeur : un godet d'alcool, une flamme et c'est parti pour jouer les Denis Papin à une échelle lilliputienne (concept Böhm Stirling Technik). Il y a en a de toutes les tailles, pourvu qu'elles soient réduites, mais on peut les jumeler jusqu'à créer de véritables machines infernales. A quoi ça sert ? Quelle question...

Un peu plus loin, dès qu'on a poussé la porte, des ampoules électriques pas vraiment de série : on se croirait dans une usine post-soviétique, dans un décor de Blade Runner revu par Jules Verne et corrigé par le Dr No. Ce sont des oeuvres d'art (relativement accessibles parce que tout de même réalisées en séries ultra-limitées), particulièrement décoratives – sauf si vous aimez le Louis-XV séoudien – et signées par le créateur allemand Frank Buchwald.

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Tiens, un sablier. Classique ? Pas tout-à-fait : d'abord, il a été designé par Marc Newson, un des papes de la création contemporaine. Ensuite, il est réalisé sur mesures dans un borosilicate très spécial et ses nanobilles en acier sont recouvertes d'un alliage très particulier. Dix minutes plus tard, vous le retournez, ce qui vous aura donné l'occasion de découvrir les voitures miniature (façon de parler) Konstantin B imaginées par Nina Zupank, que vous vous sere empressés d'applaudir avec les mains mécaniques de l'Applause Machine. Pour le reste, un vélo qui n'en est pas un, mais vous pouvez toujours essayer la remontée de la rue Verdaine : ce n'est pas gagné d'avance et vous allez maudire l'artiste chinois qui a imaginé ça, l'honorable Xia Hang.

 

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Bien sûr, comme on est à Genève, on trouve des montres. Enfin, presque. Ou plutôt des objets du temps, qu'on appelle des "machines". Pas des montres rondes avec trois aiguilles, mais de véritables soucoupes volantes qui donnent l'heure, conçues par le maître des lieux, Maximilian Büsser, véritable popstar de la nouvelle générateur des créateurs indépendants ("pop" au sens de populaire) et dynamiteur radical des certitudes helvétiques en matière de bienséance horlogère. Son concept de galerie ne tient qu'à ses dilections personnelles, du casque de scaphandrier à la main en résine qui bat la mesure d'impatience. On lui envoie des objets bizarres de toute l'Europe, et même des confins de l'Asie : son caravansérail de l'insolite mécanique est devenu une des boutiques les plus chics du vieux continent.

 

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Combien de Genevois sont passés devant sans imaginer ce qui pouvait les attendre de l'autre côté de la porte ? Ce serait dommage de passer à côté d'une des propositions les plus affûtées qu'on ait jamais vu entre Salève et Jura depuis – au moins – la poignée de main historique entre la combourgoisie genevoise et celle des grandes métropoles de la Confédération. S'il n'y a qu'un nom à retenir de la nouvelle horlogerie, c'est celui de cet étrange M. Büsser, mais ses copains fous de mécaniques méritent le détour...

 

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