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25 novembre 2010

De plus en plus fou : même L'Aiguille d'Or du Grand Prix d'Horlogerie de Genève est « Made in China » !

Révélé recemment, le gag de la "montre chinoise" (très bas de gamme) offerte aux jurés du Grand Prix d'Horlogerie de Genève serait bénin, si les responsables de ce Grand Prix n'aggravaient maintenant leur cas : même l'Aiguille d'Or, le trophée qui se veut réservé au meilleur des meilleurs horlogers du monde, est "Made in China". Là, c'est la mascarade et on se paie vraiment notre tête... Au secours !

 

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Avec les paillettes et les girls emplumées du final (on parle des danseuses), l'industrie chinoise
s'invite parmi les membres du jury à travers le trophée Made in China (au centre, sur son podium).
Les Chinois n'auraient pas rêvé mieux. Le Grand Prix l'a fait...

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L'affaire de la montre de poche chinoise, un produit bas de gamme à prétention érotique (automate gigotant au bon endroit), avait été révélée cette semaine par le site spécialisé Business Montres, avant d'être reprise par ce blog Genevois Rien Venir, puis la presse (20 minutes et GHI, notamment). L'actuel propriétaire du Grand Prix de Genève (pôle Luxe d'Edipresse) prouvait non seulement sa naïveté, mais aussi sa déinvolture et sans doute sa légèreté (scandaleuse) dans l'approche d'un prix de référence qui devrait au contraire être traité avec une rigueur et un sérieux qui lui vaudraient notoriété et considération dans le monde entier...

On vient cependant de franchir un pas de plus dans l'invraisemblable, avec la révélation, toujours par Business Montres, du secret le mieux gardé de ce Grand Prix de Genève : même l'Aiguille d'Or – le trophée suprême, la suprême récompense réservée au meilleur des meilleurs horlogers du monde – est un trophée bidon, une chinoiserie qui n'honore en rien l'industrie des montres suisses, ni même le luxe européen, puisqu'il a été réalisé en Chine, avec de l'or chinois, par des techniciens chinois, dans un atelier spécialisé de Hong Kong ou de Shenzhen (on trouvera sur le site des détails croustillants). la Suisse ne manque pourtant pas d'ateliers capables de réaliser un tel trophée. Apparemment, l'opération a été financée par l'UBS, qui n'a sans doute pas eu connaissance des dessous industriels pas très ragoûtants de son mécénat, avec le soutien du groupe suisse Metalor, qui avait offert symboliquement un kilo d'or pour créer un trophée destiné à porter tous les espoirs et toutes les gloires de la profession horlogère...

Au passage, le kilogramme d'or a rétréci, puisqu'on n'en retrouve plus que 780 grammes, de même que se sont évaporés dans la nature les souvenirs des uns et des autres à ce sujet : la direction d'Edipresse Luxe n'est au courant de rien, tout comme l'UBS, ou Metalor. Plus personne n'est responsable de ce qui frôle le sabotage, sinon la trahison des intérêts supérieurs de l'horlogerie suisse : comment demeurer respectable quand on ne se respecte pas soi-même ? Comment l'industrie des montres suisses peut-elle prétendre à l'excellence mondiale et à un rôle prééminent quand sa récompense suprême a été réalisée par son principal compétiteur international ? Pendant la guerre froide, on ne décorait pas les GI's américains avec des médailles usinées en Union soviétique !

A ce niveau d'inconséquence, c'est le coeur même du Grand Prix de Genève qui est atteint. Ce sont tous ses soutiens politiques et économiques genevois (notamment les conseillers venus discourir pendant la cérémonie) qui se trouvent éclaboussés. C'est une gifle retentissante sur les joues de tous les employés de cette industrie horlogère suisse, qu'ils sont opérateurs de base, cadres supérieurs ou managers : ils ne peuvent que se sentir salis par la démarche vicieuse d'un trophée "Made in China" pour récompenser leurs efforts dans l'excellence et dans la mise en valeur de la suissitude horlogère.

Personne n'aurait osé imaginer un tel scénario. Les Chinois en rêvaient. Le management d'Edipresse Luxe l'a fait..

Comme le faisait dire Michel Audiard à "Monsieur Fernand" dans Les Tontons flingueurs : "Les cons, ça ose tout. C'est même à ça qu'on les reconnaît"...

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