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22 novembre 2010

L'horlogerie suisse offre des montres Made in China aux jurés du Grand Prix de Genève

Défense de rire : pour le Grand Prix d'Horlogerie de Genève, on a offert aux membres du jury international une montre érotique Made in China ! Qui se moque de qui dans cette affaire ? Et qui cautionne ce genre de pitreries ?

 

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D'abord, on se pince pour y croire... Le Grand Prix d'Horlogerie de Genève – qui ne mobilisait pas moins de Marnuel Tornare et Pierre-François Unger, ainsi que Carlo Lamprecht pour réaffirmer le soutien des autorités de la ville à cet événement – n'a rien trouvé de mieux que d'offrir aux membres du jury internationa chargé de décerner les prix une montre... Made In China ! Une montre érotique à automate sans le moindre intérêt artistique (voir l'image), mais dont le seul mérite est de souligner aujourd'hui à quel point on peut en arriver à faire n'importe quoi quand on prétend défendre les traditions et les emplois de l'horlogerie genevoise en particulier, et de l'industrie des montres suisses en général...

L'affaire a été dévoilée par le site spécialisé BUSINESS MONTRES, qui donne quelque détails supplémentaires. Ce n'est pas un réflexe d'ordre moral face à cet érotisme pas vraiment torride, qui prouve à quel point la tradition genevoise de ces montres épicées a perdu de la substance esthétique au fil des siècles. Ce n'est pas un réflexe d'ordre corporatiste : cette tradition suisse des talking pieces [celles qui font rougir les demoiselles] n'a quasiment plus de représentants à Genève, sinon à des prix stratosphériques qui n'étaient pas dans les moyens de l'organisation du Grand Prix.De là à acheter "chinois" un cadeau horloger aussi médiocre... Ce n'est pas, enfin, une condamnation sans appel de ce Grand Prix, dont la profession a besoin, mais qui se décrédibilise à force de multiplier les gaffes et les combines consensuelles...

Mais quelle fantastique "boulette" de communication, quel manque de clairvoyance, que d'offrir une montre "chinoise" quand on se pose en garant du savoir-faire genevois et des marques suisses !

Quelle gifle pour les milliers d'emplois genevois, qui se trouvent délégitimés par ceux-là même qui devraient assurer leur promotion !

Et quelle faute politique de la part des responsables politiques qui prêtent leur appui (avec les moyens et les ressources de la ville) à une telle incompétence dans la compréhension des enjeux contemporains du luxe !

 

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Commentaires

Comment dit-on "de mauvais goût" en chinois ? Est-ce la montre que Sarko va offrir à sa femme lors de leur prochaine visite au petit village genevois qui résiste encore à l'Europe ?

Écrit par : jill Székely | 25 novembre 2010

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