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02 mai 2009

APORCALYPSE

 

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Plus un masque anti-grippe porcine dans les pharmacies genevoises et déjà un marché noir de médicaments anti-virus : qu’en aurait pensé Calvin ?




Ces Genevois ne cessent de m’épater.

Surtout ils affichent le plus grand calme pour cacher leurs terreurs secrètes. Dans le beau soleil de ce long week-end médio-printanier, les terrasses sont pleines de visages souriants et ouverts au soleil. Les tables en terrasse de La Clémence, au cœur de la vieille ville, sont sur liste d’attente. A dix mètres de là, la pharmacie du Bourg-de-Four : les masques anti-grippe sont eux aussi sur liste d’attente. Cherchez l’erreur…

Un ami médecin, que j’appelle pour prendre de ses nouvelles, me coupe avant la fin des formules de politesse pour m’annoncer qu’il « ne peut rien faire pour moi ». Rien faire de quoi ? « Pas d’ordonnance préventive anti-grippe ». Apparemment, il a été dévalisé et il rechigne à multiplier cette prescription « qui ne sert à rien ». Ses patients font des « stocks de précaution », absurdes à ses yeux. Retour à la pharmacie : là encore, les gélules anti-virus sont également sur liste d’attente…

Contraste étonnant entre la foule des trottoirs et la réalité des officines : la vie continue, mais la peur fouaille manifestement la tripe des Genevois, qui savent leur ville ouverte à tous les vents épidémiques de la planète – question d’aéroport – et qui prennent soudain conscience qu’héberger l’Organisation mondiale de la santé fait converger sur Genève encore plus de facteurs à risque – qu’il s’agisse d’hommes ou d’éprouvettes porteuses de germes…

A Paris, on en rigole plutôt de cette grippe mexicaine ! Lancez à haute voix, dans un restaurant : « Tiens, je vois que votre chef est rentré de son voyage au Mexique », et vous trouverez vite des places libres. En revanche, à moins d’être Japonais, évitez le masque dans le métro : vous risquez l’embarquement immédiat pour les geôles de la République, parce qu’on vous aura confondu avec un anarchiste anti-nucléaire ou un pick-pocket roumain en voyage d’affaires sur la ligne Bastille-Etoile. Seul comportement à risques à éviter : la fréquentation des hôtesses de l’air mexicaines, qui, de toute façon, s’auto-renationalisent « espagnoles » pour ne pas effrayer vos copains de bistrot…

Ce surstockage des masques et des médicaments rappelle un peu les achats d’huile, de café et de sucre en prélude aux grands conflits mondiaux. On ne dit rien, mais on n’en pense pas moins. On bronze en terrasse, mais on se masquera à la première alerte sérieuse. Prudence est mère de sûreté, surtout au pays des banques et de l’alerte 5 transformable en 6 par l’OMS. Je me demande contre quels démons Calvin aurait tonné s'il revenait, après cinq siècles, nous prêcher un peu plus d'éthique dans nos comportements et de soumission aux lois divines : monterait-il en chaire avec un masque ? Et qui le prendrait au sérieux ?

C’est pour ça que les Genevois sont formidables.

Commentaires

Vous n'avez rien compris, cher Parisien expatrié à Piogre.

L'achat massif de masques est une preuve de l'altruisme des Genevois.

Tout le monde sait que ces masques ne protègent en rien ceux qui les portent. Ils n'empêchent rien l'absorption du virus par inhalation.

Leur seuls utilité est de diminuer la propagation du virus par ceux qui les portent....

C'est donc une volonté de protéger les tiers de leurs propres virus qui pousse les Genevois à acquérir en masse ces masques.

Un bel exemple de peu de souci de soi et de souci uniquement pour les autres.

Évidemment, à paris, vous n'avez pu connaître cela.

Écrit par : j.nizard | 02 mai 2009

Mmmmh... Peut-être que vous avez lancé une piste avec les hôtesses de l'air mexicaines ! Si on a le goût du risque, c'est vrai qu'elles ne doivent pas être trop demandées en ce moment...

Écrit par : Kad | 03 mai 2009

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