UA-68817146-1

30 avril 2009

SAFARIRE

ZebreGenève.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les chacals sont de retour en Suisse. Les charognards aussi. Et pas seulement dans les banques…



Ces Genevois ne cessent de m’épater.

Surtout quand ils se la racontent ! Exemple avec l’arrivée du… chacal en Suisse : la perspective est inattendue, surtout quand elle suit l’annonce du retour du grand charognard alpin – le gypaète barbu [celui qu’on croyait capable d’enlever des enfants, alors qu’il ne se nourrit que d’animaux morts] – et celle du retour du loup dans les vallées alpino-hélvétiques.

Du coup, les Genevois se fantasment cernés d’une sorte d’arche de Noé plutôt inquiétante, prête à jouer du bec et des crocs contre les gentils citadins à pure conscience écologique qui n'hésitaient plus à randonner nus dans les cantons isolés. La peur du fauve se fait lancinante : les mythologies contemporaines zappent en désordre du Petit Chaperon rouge au dieu chacal Anubis, mais Les Oiseaux d’Hitchcock passent en boucle sur les écrans plats de nos angoisses urbaines. La campagne est si proche et la nature si inquiétante dès que l’homme y relâche son étreinte : des chacals en Suisse, pourquoi pas des hyènes à Genève ? Remarquez : elles étaient toujours présentes en Europe à la veille de l’ère chrétienne et il a dû en rester quelques-unes dans le quartier des banques…

Comme il m’est personnellement arrivé de croiser un renard, près de la Perle du lac, en faisant mon jogging matinal [je n’étais pas le seul à m’arrêter pour le regarder et j’étais à jeun !], je peux parfaitement imaginer que les loups et les chacals hantent déjà les interstices sauvages d’une urbanisation imparfaite. Leur gibier y est déjà, puisque je me souviens d’une récente course-poursuite entre un chevreuil et des policiers genevois du côté de Jonction.

Hier, à la hauteur du parc Barton, j’avais presque envie de demander protection au monsieur qui promenait son musculeux Rhodesian Ridgeback [le fameux Bantou Dog, rare en Europe] : un chien chasseur de pumas s’impose dans la future jungle lémanique. Je regarde les choucas qui frôlent les tours de Saint-Pierre d’un autre œil et je me demande si on trouve, dans les égouts de Genève, les mêmes crocodiles que dans les sous-sols parisiens. A quand des safaris dans la brousse des Eaux-Vives ?

Si on ajoute à cette touche sauvage le frisson de la nouvelle grippe mexico-porcine et le souvenir encore chaud de la précédente épidémie aviaire [les cygnes du lac avaient eu chaud], on se sent pris dans un maelstrom de menaces aussi sournoises que régressives. Les terreurs ancestrales renaissent. Pour combattre ces peurs, nos ancêtres allumaient des feux dans la nuit préhistorique. Ils nous reste nos feux de détresse et nos feux rouges : à Genève, ils durent plus longtemps qu’ailleurs, c’est déjà une chance !

C’est pour ça que les Genevois sont formidables.

Les commentaires sont fermés.