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25 novembre 2008

LADIES FIRST

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Ces Genevois ne cessent de m’épater.

Surtout les Genevoises, beaucoup plus coquines qu’on ne pourrait le penser en France. Parlons un peu de ces sex-toys dont les spécialistes genevois [si, si, c’est un métier à part entière !] nous affirment...

Ces Genevois ne cessent de m’épater.

Surtout les Genevoises, beaucoup plus coquines qu’on ne pourrait le penser en France. Parlons un peu de ces sex-toys dont les spécialistes genevois [si, si, c’est un métier à part entière !] nous affirment qu’ils font un tabac dans les ventes on-line. Admettons qu’Internet est un moyen discret de se procurer de quoi épicer ses menus plaisirs : c‘est moins glauque que de fréquenter les sex-shops du quartier des Pâquis, surtout pour une dame. Avec une livraison en France voisine, poste restante, on peut échapper aux questions ironiques de l’entourage...

Il y a mieux [ou pire, tout dépend des morales personnelles] : ces spécialistes genevois organisent à présent des « réunions Tupperware » pour vendre à domicile des sex-toys. Là, il ne s’agit plus de pousser les dames à remplir leurs placards de bols en plastique, mais de garnir leurs tables de nuit d’instruments inattendus, de bestiaires insolites, de lingeries suggestives et de petites crèmes miracle [Genevois Rien Venir avait déjà parlé d’un canard offert aux dames à la sortie d’une fête de luxe : Duck Toy, 31 octobre dernier]...

Les « démonstratrices » chargées de ces ventes sont recrutées par le bouche-à-oreilles entre copines et les réunions sont réservées aux dames. On y découvre non seulement quelques informations techniques [tout n’est pas simple dans ces appareils « énergisés »], mais aussi tout un attirail d'arguments déculpabilisants, qui revendiquent le « droit au plaisir féminin enfin libéré », la « coquinerie conjugale », la « redécouverte du jeu dans le couple », voire le « droit à l’orgasme » [ce qui semble en dire long sur l’inefficacité des époux genevois]. Références pour décomplexer les plus réticences : Sex and the City, les derniers articles de Elle et de Cosmopolitan, une ou deux émissions sur la TSR et le fait que ce soit devenu un vrai « phénomène de société » (puisqu'on vous le dit, à quand le remboursement sur ordonnance ?).

On le devine, ces ventes fonctionnent beaucoup sur le mimétisme et la contrainte sociale : impossible de ne pas approuver quand toutes les copines opinent du brushing et impossible de ne pas acheter quand elles cochent nerveusement les cases de leur bon de commande. Une sorte de snobisme sexuel s’institue en nouvel académisme des beaux-arts érotiques. C’est là qu’on se demande s’il s’agit d’une vraie mutation sociale [le libertinage familial dans la ville de Calvin, ce n’est pas encore au programme de la prochaine commémoration pentaséculaire !] ou d'un simple consensus d’entraînement mutuel par effet d’intimidation et de conformisme sociétal [la pression est d'autant plus forte qu'on se trouve dans un milieu social élevé : les prolétaires ne pratiquent encore que le sex toy biologique et naturel].

Le simple fait que ces réunions – l’apprentissage sexuel de proximité – existent est d’ailleurs tout aussi intéressant et signifiant que l'analyse de ce qui peut s’y dire ou de ce qui peut s'y vendre. On commence à mieux comprendre quelques faits divers récents, comme ce banquier français retrouvé assassiné en combinaison de latex. Même si tout ce qui s'achète dans ces réunions n'est pas utilisé, Genève, c’est beaucoup plus que Genève, son jet d’eau, ses banques et ses montres : on ne regarde plus les canards lémaniques du même œil quand on explore les tables de chevet des bourgeoises dans les beaux quartiers de la ville...

C’est pour ça que les Genevois(es) sont formidables.


Commentaires

On en connait jamais assez ses voisins :-D

Écrit par : lingerie | 02 novembre 2011

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