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11 novembre 2008

COTTAGE CAFÉ

theiere arare.jpgCes Genevois ne cessent de m’épater.

Chez eux, la bonne surprise est toujours au coin de la rue. De retour à Genève après une courte absence, je sors d’un rendez-vous du côté de l’hôtel Richemont quand je découvre, à la faveur de l’automne qui dénude les arbres, un chalet campagnard qui m’avait totalement échappé dans ce square des Alpes qui abrite le mausolée du duc de Brunswick.

En soi, ce monument est déjà un… monument de l'insolite urbain...


Ce n’est pas tous les jours qu’un particulier – même aussi riche que l’était Charles d’Este-Guelph, duc de Brunswick – peut exiger d’une cité à laquelle il lègue sa fortune un « mausolée situé en un emplacement éminent et digne, exécuté selon la conception prévue, en recourant aux meilleurs artistes de l’époque, sans considération du prix ». Même si Bill Gates offrait à Genève ses centaines de milliards de dollars, je doute qu’on lui élève au bord du quai une reproduction exacte du tombeau de la famille Scaligeri, érigé à Vérone, en Italie, au XIVe siècle, avec vue imprenable sur le lac et sur le mont Blanc. L'extravagance de cette sépulture serait déjà une bonne raison d’être épaté par les Genevois d’hier.

Ceux d’aujourd’hui ne sont pas mal non plus, mais dans un genre plus cosy ! A peu près invisible de la rue et du quai, un discret petit restaurant – 32 couverts – vient de s’installer dans le chalet situé derrière cet extraordinaire tombeau. En terrasse, les derniers rayons de soleil de l’automne réchauffent les fumeurs de cigares et les amateurs d'expressos au grand air. Cet hiver, dès que la patronne de ce Cottage Café aura installé les « champignons chauffants » qui nous permettront de supporter la froidure, ce sera, au cœur de ce quartier très animé, ce sera un rendez-vous aussi calme qu’ensoleillé [et autrement plus amusant que le bar des palaces voisins !].

Dans la salle légèrement surélevée, la vue sur le lac est inattendue. Sympathique décor de bric et de brac, tendance cottage évidemment, mais l’ardoise géante donne faim, et soif, avec ses nombreux grignotages et ses vins au verre, ses pâtisseries et ses excellents thés. A midi, une très courte carte de plats du jour, dans le goût fusion food sans chichis baroques [un chef sous influence libanaise, accro aux épices méditerranéennes ?] et cuisine du monde, avec beaucoup de douceurs dans les desserts. Le soir, tapas uniquement, à grignoter dans les lumières tamisées, face au « front de mer » de la rive gauche genevoise. Autre touche lumineuse : les sourires de la patronne. On se prend à penser que l'impératrice Sissi aurait adoré cet endroit, qui lui aurait sans doute évité de croiser son assassin sur le quai situé de l'autre côté du mausolée...

Pour les créatifs qui voudraient tenter une évasion du bureau sans se débrancher des pulsations de la planète, un accès Internet (wi-fi) est disponible : entre petit pot de crème de mandarine et authentique thé à la menthe* façon marocaine [une rareté à Genève], la pause est aussi confidentielle que délicieuse. Quelques traders des family offices voisins viennent s'y consoler des actuels désastres boursiers. Le vrai bonheur, le privilège, c’est qu’il n’y a encore que peu de monde, hormis quelques jolies femmes venues papoter entre copines autour d’une substantielle Tatin et d’un vin moelleux : pourquoi bouder son plaisir ?

C’est pour ça que les Genevois(es) sont formidables.


* Encore un particularisme genevois, et plus généralement romand : ici, on dit thé de menthe et non thé à la menthe. J'adore ces subtilité, sans me décider à savoir quelle est l'expression la plus juste...


• Cottage Café : Adhémar-Fabri 7, 1201 Genève. Tél : 022 731 60 16. www.cottagecafe.ch (rubrique libre de toute publicité, exclusivement dictée par la félicité d’une bonne surprise dans un quartier des Pâquis plutôt voué aux fleurs du mal ; certains diront les fleurs du mâle)…

 

Commentaires

gracias a Dios por intiresny

Écrit par : BioplawlBliva | 18 août 2011

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