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01 novembre 2008

FRANCHE NEIGE

flocon_nb.gifCes Genevois ne cessent de m’épater.

La nuit a repoudré de blanc les lignes de crête qui entourent Genève. Cette année, la neige fait son apparition dès la fin octobre, mais on m’annonce que ce n’est pas si exceptionnel que je le croyais : parfait pour mon premier hiver genevois !

Le plus surprenant reste l’apparent niveau d’impréparation dans les transports publics. Renseignements pris à Cornavin, les chemins de fer suisses [en général d’une ponctualité exemplaire] m’ont semblé sérieusement perturbés dès qu’il s’agissait de quitter Genève pour les grandes villes alémaniques. Comme on m’avait sérieusement déconseillé de prendre la route de ces lointains cantons sans les « pneus d’hiver » de rigueur, comment faire ?

A propos de ces « pneus d’hiver » [encore une expérience initiatique pour un Parisien], impossible d’en faire poser  la moindre paire dans un garage genevois : la liste d’attente est déjà longue et impossible de caler un rendez-vous avant une à deux semaines. Comment faire ?

Je m’imaginais les Suisses lourdement outillés pour déblayer les routes, balayer les voies ferrées et parer aux dangers du pilotage hivernal. Je les découvre très… français dans une certaine imprévoyance et dans les réactions de leurs responsables : « Les branches des arbres sont trop mortes ; la neige est trop en avance ; les flocons sont trop lourds ; la nature est trop méchante ! »

Qu’il neige en Suisse, et si près de Genève qu’on m’annonce l’ouverture des premières pistes à luge au pied du Salève, n’est pas vraiment inattendu. Que tous les Genevois semblent s’être donné rendez-vous précisément cette semaine chez leurs marchands de pneus m’étonne davantage. Peut-être sentent-ils, comme certains animaux arctiques, que l’hiver s’annonce rude et qu’il est temps de se préparer matériellement à une longue hibernation…

C’est pour ça que les Genevois sont formidables.

Commentaires

Oui, les Genevois sont-ils vraiment des Alpins ? La ville est plutôt au pied du Jura, dont le Salève poursuit la chaîne. La province savoyarde du Genevois est dans le même cas, et l'altitude n'est jamais très élevée, ou les montagnes restent isolées. Pour ne rien vous cacher, dans mon village savoyard qui est assez près de Genève, mais vers l'est, à l'entrée des Alpes proprement dites, j'ai pris rendez-vous la veille pour faire changer mes pneus, et cela n'a posé aucun problème. Et puis l'histoire de Genève désigne ses habitants comme d'abord citadins. La différence essentielle avec même une ville comme Paris est que Paris avait (et a encore, peut-être) des seigneurs enrichis par les plaines fertiles de la France septentrionale et centrale, mais je pense qu'au départ, Genève a eu des revenus grâce à ses foires commerciales, faisant figure de ville-étape incontournable. Même l'horlogerie, me semble-t-il, ne s'y est implantée que pour mieux la vendre.

Écrit par : R.Mogenet | 01 novembre 2008

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