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03 octobre 2008

DOU-OUCES NUITS

DSR.jpgCes Genevois ne cessent de m’épater.

Hier soir, je traînais au rayon Linge de maison, chez Globus, à Genève, en quête d'un article que je ne trouvais pas. Tout grand magasin est un dédale absurde quand on ne le connait pas bien. Je tourne et je me perds. J'essaie de m'expliquer. En vain. Quand une jolie vendeuse me propose, avec un sourire prometteur, d'aller guigner sa « fourre de duvet », je me demande un instant si ce n’est une proposition un peu épicée. Un bref instant d’égarement entre les piles de draps du quatrième étage. Un intermède libertin plutôt inattendu à Genève. L’expression est en tout cas prometteuse, mais on se fait toujours des illusions...

Mon regard ahuri la rend plus attentive. Mes sourcils froncés la font sourire. Triomphante, elle me montre du doigt une étagère : « Regardez seulement les taies d’édredon ». Mauvaise pioche, chère mademoiselle ! Bon prince, un brin complice, je lui sussure : « Ah oui, des housses de couette ! ». Du coup, c'est son regard innocent qui se trouble comme la transparence d'une eau de source peut frissonner sous la goutte d'absinthe. Comme si je n'étais pas le seul à penser à autre chose, dans cet environnement propice aux évasions horizontales...

Soyons un peu sérieux ! Quand cette zélée petite Romande entreprend de m’initier aux particularités de la poutse pour sa fourre en métis, j’ai du mal à ne pas craquer, et encore plus à l’écouter avec la componction qui sied à tout acheteur de linge de maison griffé par un créateur parisien. Entre deux escalators, je vis un grand moment de pure poésie, quelque part entre M. Hulot et André Breton. Et je comprends dans un éclair de lucidité ce qui a poussé Ionesco à écrire sa Cantatrice chauve.

J’adore ce parler romand qui sonne autrement plus vrai que le français basique démonétisé et usé jusqu'à la corde par ses tortionnaires médiatiques. Je vais donc de ce pas chez mon libraire pour trouver un Dictionnaire suisse romand devenu indispensable à ma survie en TOE lémanique [T.O.E. pour théâtre d’opération extérieur]. Heureusement et très courtoisement, la plupart du temps, on veut bien me parler un français qu'un pauvre Français expatrié peut comprendre.

C’est pour ça que les Genevois sont formidables.

Commentaires

Tedieu técolles tu commences seulement à penser à t'y mettre, t'es un peu longuet à la comprenette pour un frouze :), on vous croyait moins bernois et re- :))

Puisque tu fais le tour (avec humour) de nos particularités indigènes, pour en apprendre un peu plus sur les coutumes locales il existe cette désopilante page sur le site de la Désencyclopedie
-> http://desencyclopedie.wikia.com/wiki/Genève

Et n'oublies pas que dans notre contrée sauvage c'est bientôt l'Escalade (vers le 11-12 décembre, mais tu vas en entendre parler avant si ce n'est déjà fait). Voir le lien de la "Compagnie 1602"
-> http://www.compagniede1602.ch/
Si le défilé des grenadiers t'a plu tu peux pas manquer çui-la.

La langue locale à ses charmes et certains de nos concitoyens valent le déplacement même depuis Mars, mais on s'y fait mon grand tu verras, sois le bienvenu à Piogre :)))

Allez adieu c't'affaire, c'est pas tout mais faut que j'aille aux commissions avec ma moitié, à la revoyure, tchô


LeFilsRoyaume, (marmiton d'opérette)

Écrit par : LeFilsRoyaume | 04 octobre 2008

Merci pour le lien : c'est effectivement très rigolo, encore que beaucoup plus grinçant que mes petits commentaires...
Rendez-vous, donc, au défilé de l'Escalade, que je ne manquerais pour rien au monde...

Écrit par : Paris-Gnèève | 06 octobre 2008

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